Jérôme Cahuzac accable et s'accable

le , mis à jour à 07:44
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Jérôme Cahuzac accable et s'accable
Jérôme Cahuzac accable et s'accable

« Cheminer dans la vie du compte » secret de Jérôme Cahuzac à Genève à partir de 1992, comme le propose le président de la 32e chambre correctionnelle, apparaît comme un parcours en clair-obscur. Avec cette sensation que la « part d'ombre » confessée par l'ex-ministre du Budget il y a quatre ans, après des mois de mensonges, ne se livre toujours pas « en pleine lumière ». Au deuxième jour de son procès pour fraude fiscale, l'ancien ténor socialiste répète pourtant maintes fois, haussant le ton tant il veut qu'on le croie : « C'est la vérité, et elle m'accable ! Je comprends qu'elle choque. Qu'y puis-je maintenant ? Comprenez le supplice que je suis en train de vivre. Ce que j'ai fait est accablant. Je dois assumer, je ne biaise pas. Je sais le mal que j'ai fait. »

Face aux questions dubitatives du procureur Jean-Marc Toublanc, Cahuzac persiste : l'argent du premier compte caché ouvert en Suisse par son ami Péninque n'était pas le sien. Mais une « caisse noire » constituée pour le mouvement rocardien à une époque, rappelle-t-il, où nul parti ne vivait sans financement occulte. Y auraient atterri les dons que « trois ou quatre » laboratoires pharmaceutiques, qu'il connaissait via son activité de consultant, avaient acceptés pour encourager les activités de (feu) Michel Rocard, alors ex-Premier ministre, pressenti pour la présidentielle de 1995. Le prévenu insiste : « Cet argent-là (NDLR : environ 600 000 €), ni moi ni ma famille n'en avons jamais bénéficié. Je ne m'en suis jamais servi. Lorsque la justice l'a saisi, il n'y manquait pas un euro. »

Au printemps 1993, poursuit Cahuzac, après la déroute de la gauche aux législatives, « on » lui dit « qu'il n'est pas utile de continuer » cette secrète collecte. Par « loyauté » pour son ami Péninque, et parce qu'il veut « pouvoir rendre l'argent », il décide d'en transférer les avoirs sur un autre compte. Ce dernier, ouvert ...

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