Jens Weidmann invite la France à rattraper l'Allemagne

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LE PRÉSIDENT DE LA BUNDESBANK PRESSE LA FRANCE DE RATTRAPER SON RETARD ÉCONOMIQUE PAR RAPPORT À L'ALLEMAGNE
LE PRÉSIDENT DE LA BUNDESBANK PRESSE LA FRANCE DE RATTRAPER SON RETARD ÉCONOMIQUE PAR RAPPORT À L'ALLEMAGNE

PARIS (Reuters) - Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a invité jeudi la France à rattraper son retard sur l'Allemagne en termes de performance économique pour assurer le succès de l'intégration européenne.

Pourfendeur du laxisme budgétaire et monétaire, il a veillé à ménager les susceptibilités françaises en équilibrant ses critiques et ses recommandations à l'adresse des deux premières économies de la zone euro, tout en soulignant leurs convergences.

"Il en va comme deux rameurs dans un bateau : s'ils ne rament pas en rythme, le bateau tourne en rond au lieu d'avancer", a dit Jens Weidmann devant la Chambre de commerce et d'industrie franco-allemande, selon le texte de son discours.

En dépit des "clichés" sur les deux pays, "l'Allemagne et la France sont beaucoup plus proches qu'on veut bien le croire", a-t-il ajouté.

Revendiquant la "liberté dans l'échange des idées", il a une nouvelle fois invité les gouvernements européens à ne pas freiner le rythme du redressement des comptes publics, alors que la Commission européenne s'apprête à donner formellement à la France deux ans de plus pour ramener son déficit à 3% du PIB.

"Toujours remettre la consolidation à plus tard n'est pas un moyen de créer la confiance nécessaire", a-t-il dit, sans viser explicitement la France, dont les dirigeants ont annoncé qu'ils ne chercheraient pas à atteindre coûte que coûte leurs objectifs budgétaires.

"Une trop grande flexibilité dans la politique fiscale nuit plus qu'elle ne sert", a poursuivi Jens Weidmann.

RÉFORME DES RETRAITES

Parmi les réformes nécessaires selon lui, celle des retraites, qui devrait selon le président François Hollande se traduire par un allongement du temps travaillé par les Français, comme l'a fait l'Allemagne.

Jens Weidmann a également évoqué l'ouverture de certains pans du marché des services, en particulier les professions réglementées, en soulignant les lacunes allemandes dans ce domaine, et le besoin d'une plus grande flexibilité du marché du travail.

Il a à cet égard salué la réforme adoptée par le Parlement français après l'accord des partenaires sociaux en janvier, estimant que "la France a fait un progrès considérable en direction de la flexibilité interne".

"Cependant, le renforcement de la compétitivité reste un défi important pour la France qui a perdu un septième de ses parts sur le marché mondial de 2007 à 2012", a-t-il poursuivi, en jugeant que le "pacte de compétitivité" du gouvernement allait dans le bon sens.

Les banques centrales de la zone euro regroupées dans l'Eurosystème ont contribué à endiguer la crise, a ajouté Jens Weidmann, mais celui-ci ne "peut pas résoudre la crise".

"Gouvernements et parlements doivent désormais utiliser ce répit qui leur est offert car le remède administré par les banques centrales n'est pas sans risques ou effets secondaires", a-t-il ajouté, sans préciser lesquels.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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