Jefferson Poirot : " On n'a rien à perdre face à l'Angleterre "

le
0
Jefferson Poirot : " On n'a rien à perdre face à l'Angleterre "
Jefferson Poirot : " On n'a rien à perdre face à l'Angleterre "

Alors qu'il aborde son premier Crunch, Jefferson Poirot se dit motivé à l'idée d'affronter la meilleure équipe d'Europe à l'heure actuelle. Le pilier tricolore espère voir un XV de France avec un tout autre visage que celui aperçu lors de la défaite en Ecosse.

Jonathan Poirot, est-ce que cette défaite en Ecosse a été facilement digérée ?
Une défaite, ce n’est jamais facilement digéré mais il a fallu très vite l’évacuer car on n’a que six jours pour se préparer à un très, très, gros match. Donc, du coup, on a dû très vite se remettre dans le travail, très vite débriefer le match et passer à autre chose. C’est la loi du sport et on va dire tant mieux parce que, après un match comme ça, on a la chance de pouvoir se rattraper directement la semaine d’après.

Avec un peu de recul, avez-vous compris ce qu’il s’est passé dimanche dernier, notamment en mêlée ?
On n’a pas totalement tout compris. On a regardé, il y a quelques mêlées où, et c’est indéniable, on est à la faute. Mais il y a beaucoup de mêlées où on est à l’équilibre et on ne comprend pas pourquoi ça ne tourne que dans un sens. Après, ça, c’est un autre débat. Nous, on se dit qu’il faut qu’on continue à travailler, qu’on montre peut-être de meilleures attitudes aux arbitres et ça tournera pour nous.

Vous vous attendiez à vous faire chahuter comme ça par des Ecossais qui ont progressé en mêlée, secteur qui n’est pas forcément leur point fort ?
C’est devenu leur point fort depuis la Coupe du monde. C’est quand même une équipe qui a dominé l’Australie sur le secteur de la mêlée en quart de finale de Coupe du monde. Honnêtement, depuis le début du Tournoi, c’est une équipe qui bouge tout le monde dans le secteur de la mêlée. On s’attendait à un très gros combat et il y a quand même quelques motifs de satisfaction sur la mêlée parce qu’il y a des fois où ça été très long, très dur mais on a réussi à tenir. Et notamment sur l’aspect mental, ça a été bien parce qu’on a eu quand même quinze mêlées contre et on n’a pas lâché. On n’a pas vu une mêlée de l’équipe de France vraiment exploser et prendre un recul de quatre ou cinq mètres. Il y a quand même des motifs d’espoir.

« On a toujours su que ça allait prendre un peu de temps »

Comment abordez-vous la mêlée anglaise ?
La mêlée anglaise, c’est aussi une très bonne mêlée mais, moi qui suis jeune, j’ai l’impression de me dire chaque semaine que c’est une très grosse mêlée qui est en face. J’ai l’impression que toutes les mêlées sont costauds. On se concentre sur nous, on essaye de travailler ce qu’on a à travailler, ce qui n’a pas été contre l’Ecosse et on l’aborde comme toutes les autres mêlées. C’est une aussi grosse mêlée que l’Ecosse mais, là par contre, on aura 80 000 personnes derrière nous qui nous aiderons à pousser donc je pense que, là, on sera vraiment prêt.

Qu’est-ce que vous avez rectifié sur le travail spécifique et, notamment, sur la première ligne ?
Ce sont des petits détails, peut-être plus pousser horizontalement plutôt que verticalement, des choses comme ça, des transmissions de force, des petits détails techniques de la première ligne. Ce n’est pas grand-chose donc on espère que ça sera concluant pour le match face à l’Angleterre.

Est-ce que vous avez l’impression que l’équipe de France est un peu dans le dur après les deux défaites de suite face au pays de Galles puis l’Ecosse, que les progrès espérés vont mettre du temps à se matérialiser ?
On a toujours su que ça allait prendre un peu de temps. On n’était pas non plus satisfaits de nos prestations face à l’Italie et l’Irlande. On était satisfait de notre état d’esprit, on l’était aussi au pays de Galles car on ne lâche jamais rien. Après, on a toujours su que ça serait long. On a manqué notre match en Ecosse, ça c’est une certitude. On a quand même trois matchs avant ça où je pense qu’on a quand même montré de belles choses. Maintenant, on a l’Angleterre qui est, du coup, la meilleure nation d’Europe, pour se rattraper, pour essayer de montrer toute notre palette. On se prépare, on reste vraiment focalisé là-dessus.

Pensez-vous que ce match est le match-clé de ce Tournoi, que son résultat peut modifier le bilan des Bleus ?
Exactement ! On peut dire ça, que c’est le match-clé. C’est la meilleure équipe donc on va essayer de mettre notre jeu en place, cette fois-ci en tout cas car on a l’impression d’avoir été battus par des équipes qui n’étaient pas forcément vraiment meilleures que nous. On va essayer, cette fois-ci, de faire moins d’erreurs pour, s’il y a la place de gagner comme c’était le cas en Ecosse et surement au pays de Galles, gagner ce match.

« Ce match, tout le monde s’attend à ce qu’on le perde »

L’Angleterre va venir jouer le Grand Chelem avec une équipe qui joue ensemble depuis longtemps. Quel est le sentiment avant d’affronter la meilleure équipe d’Europe à l’heure actuelle ?
Je pense que c’est presque plus facile parce que, nous non plus, on n’a rien à perdre, on a tout à gagner. C’est chez nous, c’est les Anglais, les Français adorent les Anglais. Ce match, tout le monde s’attend à ce qu’on le perde. Nous, on va être là pour relever la tête et montrer notre rugby. C’est presque plus facile de préparer un match comme ça qu’un match qui va peut-être être serré, où il y a peut-être la victoire dans le Tournoi au bout. Nous, on a juste à se concentrer sur la base, essayer d’être encore dans notre ligne de conduite sur l’état d’esprit, essayer de montrer un visage qu’on a peut-être pas encore montré au niveau du jeu et de rester sur le même état d’esprit que l’on a depuis le début du Tournoi.

Qu’est-ce que ça représente de jouer un match face à l’Angleterre au Stade de France à votre âge ?
C’est le premier pour ma part. Mais c’est motivant, excitant et, surtout, dans cette situation où les Anglais sont vraiment une référence aujourd’hui. Ils ont déjà quatre ans de vécu ensemble puisque c’est une génération qui monte depuis quatre ans ensemble. On va pouvoir se mesurer aux meilleurs et c’est une bonne chose.

Est-ce que vous en avez parlé avec Joe Worsley ou pas ?
Non, je n’en ai pas trop eu l’occasion parce que, quand je suis rentré, j’étais plus focalisé sur le match de l’Ecosse donc on n’a pas parlé des Anglais. J’imagine qu’au retour, on pourra en parler et j’espère que je pourrai en parler à Joe avec le sourire et le chambrer un petit peu.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant