Jeff Dubois : " Deux courtes victoires qui auraient pu être deux courtes défaites "

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Jeff Dubois : " Deux courtes victoires qui auraient pu être deux courtes défaites "
Jeff Dubois : " Deux courtes victoires qui auraient pu être deux courtes défaites "

L'entraîneur des lignes arrières du XV de France, " Jeff " Dubois, a salué la deuxième mi-temps de qualité effectuée par ses joueurs face à l'Irlande ce samedi (10-9). L'ancien international ne veut pas s'emballer pour autant et reste humble pour la suite.

Jeff Dubois, que ressentez-vous après cette victoire très serrée face à une équipe que la France n’avait pas battue depuis quatre ans et demi ?
Très heureux pour commencer. Il y avait une certaine forme de pression du fait qu’on n’arrivait plus à les battre. C’est une bonne chose. Dans le contenu, il y a pas mal de choses à revoir, surtout sur les trente premières minutes où on ne fait que défendre, on les laisse jouer. On fait beaucoup de fautes, on est indiscipliné. Du coup, ils ont joué quasiment tout le temps dans notre camp. On a des regrets sur ce début de match. Par contre, on fait une bonne deuxième mi-temps, où on change d’état d’esprit en défendant bien et en mettant des séquences offensives intéressantes. J’ai envie de retenir cet état d’esprit.

Est-ce une victoire fondatrice pour ce groupe très jeune qui a peu d’expérience à ce niveau ?
C’est toujours plus facile de travailler dans la victoire. Le truc, c’est qu’ils repartent en club. Il va falloir encore attendre dix jours pour se re-préparer pour le pays de Galles, et ça va être une semaine très courte, puisqu’on joue le vendredi soir. C’est toujours mieux de travailler avec une belle victoire, sur une équipe que l’on n’a plus battue depuis X années. Il y a des motifs de satisfaction, mais il ne faut pas s’emballer. Le match contre l’Italie, on aurait pu le perdre. L’Irlande, c’est la même chose. On reste humble, c’est le principal. On va continuer à bosser quand ils reviendront.

On a vu Vakatawa un peu partout. N’avez-vous pas le sentiment qu’il a voulu trop en faire ?
On ne veut jamais trop en faire. Le problème, c’est qu’il n’a jamais eu de très bons ballons à négocier sur son aile vu les conditions climatiques. On est obligé de s’adapter à cela. Il a essayé de venir se chercher les ballons. C’est ce qu’on demande aux ailiers, de venir se proposer un peu partout. Pas tout le temps avec réussite, mais il a encore tenté pas mal de choses. On demande de la prise d’initiatives. Je ne vais pas lui dire d’arrêter de le faire.

« On s'est retrouvé défensivement »

Beaucoup de joueurs ont évoqué un manque d’automatismes la semaine dernière. Trouvez-vous qu’il y en a eu plus sur ce match ?
Sur ce match, on a eu plus d’automatismes en défense. On s’est retrouvé défensivement. On avait à cœur de trouver plus d’agressivité, d’aller chercher les Irlandais, ce qu’on n’avait pas fait contre l’Italie. On aimerait que ce soit autant en défense qu’en attaque. On a plus axé la semaine sur la défense, sur le désir d’aller les chercher. On a continué à travailler l’attaque, mais vu les conditions climatiques, je le répète, il faut savoir s’adapter. On a utilisé plus le pied. On fait une belle deuxième mi-temps, on les cantonne dans leur camp. Sur la première mi-temps, ils étaient à 70-30 en termes d’occupation du terrain. On est passé à 60-40 pour nous en seconde mi-temps. On a réussi à mettre quelques séquences de jeu en place. Il manquait forcément des automatismes. Ce n’est pas en cinq entraînements qu'on peut arriver à construire un groupe. Ce qu’il faut retenir, c’est l’état d’esprit qu’ont mis les joueurs, la volonté d’exploiter chaque bon ballon et de jouer.

Pouvez-vous dresser un premier bilan après ce bloc de deux matchs avant le départ des joueurs en club ?
Non, franchement. Après deux matchs, il n’y a pas de bilan à faire. Le seul bilan, c’est qu’on a deux victoires. C’est une bonne chose. On va travailler sur le contenu. On a reçu deux fois, c’est presque logique qu'on gagne. On est passé à côté de la catastrophe deux fois aussi. Ce sont deux courtes victoires qui auraient pu être deux courtes défaites et on aurait moins le sourire maintenant.

Le jeu au pied semble encore très perfectible de ce qu’on a vu aujourd’hui...
On peut s’améliorer sur tous les secteurs : le jeu au pied, à la main, la conquête. Tout est perfectible surtout quand on n’a que trois ou quatre entraînements par semaine... Le jeu au pied, ils vont le travailler en club. Par rapport au jeu de dégagement, il faudra poser la question à Jules Plisson. Il y avait pas mal de colle sur le ballon. Ce ne sont pas des excuses. C’est un secteur qu’on peut travailler seul. Ce n’est pas un problème. Il a eu un très bon jeu au pied la semaine dernière, un peu moins sur ce match. Ce n’était pas trop mal non plus au final.

Êtes-vous étonné de la vitesse à laquelle les joueurs ont intégré toutes les choses que vous leur demandiez, que ce soit en défense, en attaque ?
Etonné, non. Ce sont des joueurs qu’on a sélectionnés. Si on les a sélectionnés, c’est qu’on pense qu’ils ont la capacité de tout comprendre plus vite. On est quand même loin du jeu qu’on veut mettre en place. Il y a des prémices, on les a vus au niveau offensif contre l’Italie, au niveau défensif aujourd’hui aussi. On s’est bien adapté aux conditions climatiques. J’espère qu’on pourra avoir les deux en même temps sur le prochain match.

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