Jeb Bush se lance dans la course à la Maison blanche

le , mis à jour à 05:07
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* "Jeb!", le logo de campagne omet le nom de famille * Jeb Bush veut attirer les électeurs d'origine hispanique * Au total, 11 républicains sont candidats à la primaire (Actualisé avec citations et contexte) par Steve Holland MIAMI, 16 juin (Reuters) - Jeb Bush a officiellement annoncé lundi à Miami sa candidature à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis, se présentant comme un conservateur modéré avec en ligne de mire le vote des Américains d'origine hispaniques. Agé de 62 ans, fils et frère d'anciens présidents, l'ex-gouverneur de Floride a lancé sa campagne d'une université multiculturelle à Miami d'où il a promis de faire voter des réformes sur l'immigration, s'est exprimé couramment en espagnol et a rappelé à ses électeurs qu'il avait épousé une Mexicaine. Il s'agit pour le frère du président George W. Bush et le fils du président George H.W. Bush de se distinguer face aux dix autres candidats qui briguent l'investiture républicaine et de se faire en même temps un prénom dans une famille qui a déjà eu deux locataires à la Maison blanche. "Nous n'avons pas besoin d'un autre président qui ne fait que rester auprès des élites si choyées de Washington. Nous avons besoin d'un président décidé à tenir tête et à lutter contre cette culture qui est celle de la capitale de notre nation", a déclaré Job Bush au Miami-Dade College. Il a repris dans son discours les attaques traditionnelles de républicains contre une administration jugée trop envahissante et promis de protéger la liberté d'entreprise et de renforcer le rôle international des Etats-Unis. L'ancien gouverneur de Floride (1999-2007) n'a pas hésité à exciper de ses liens avec la culture latino-américaine malgré le profil bien plus "hispanique" de deux de ses rivaux, Marco Rubio, et Ted Cruz, tous deux issus de l'immigration cubaine. Jeb Bush a été précédé sur scène par les Chirino Sisters, un trio de Miami qui a interprété une chanson cubaine classique et un pasteur afro-américain. "En tant que candidat, j'ai l'intention de faire entendre mon message à tout le monde, y compris à ceux, nombreux, qui peuvent exprimer leur amour d'un pays dans une langue différente", a déclaré Jeb Bush, avant de poursuivre en espagnol. Les Américains de langue espagnole constitueront plus de 10% de l'électorat en 2016. Ils sont notamment importants dans les Etats clés susceptibles de changer de camp, tels que le Nevada, la Floride ou le Colorado. AU SUD DU RIO GRANDE Lors de la présidentielle de 2012, le candidat républicain Mitt Romney avait en partie échoué parce qu'il n'avait pas su se concilier le vote "latino", n'emportant l'adhésion que de 27% des électeurs hispaniques, en raison notamment de propos jugés malheureux, voire xénophobes et d'une promesse mal perçue de réforme globale de l'immigration. Lors du scrutin de 2008, le sénateur John McCain n'avait remporté que 31% des voix chez les Hispaniques. En 2014, George W. Bush avait su séduire 44% des électeurs latinos. Brièvement interrompu par des manifestants pro-immigration, Jeb Bush leur a lancé : "Au fait, juste pour que nos amis le sachent, le prochain président fera voter une réforme significative de l'immigration de façon à ce que cela ne soit pas résolu par décret", allusion à l'utilisation par Barack Obama de ses pouvoirs présidentiels pour assouplir les règles en matière d'immigration. Le candidat a rappelé que son épouse Columba était mexicaine, qu'il l'avait rencontrée il y a plus de 40 ans au sud du Rio Grande. "En 1971, huit ans avant que le candidat Ronald Reagan ne déclare que nous devrions cesser de penser à nos voisins comme à des étrangers, j'étais en avance sur mon temps dans le dépassement des frontières", a-t-il lancé. Les deux présidents Bush ont quitté leur poste avec de faibles taux de popularité. L'héritage de George W. Bush, le frère de Jeb, est particulièrement difficile à assumer parce qu'il a ordonné la longue intervention de 2003 en Irak et qu'il était en fonction lors de la crise financière de 2008. Prendre ses distances sans être déloyal sera difficile pour le Bush le plus jeune. Le nombre de famille Bush n'apparaît pas sur son logo de campagne, "Jeb!". Et si sa mère, Barbara Bush, 90 ans, était présente à cette première réunion publique, son père et son frère n'avaient pas fait le déplacement. Jeb Bush a critiqué l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton, candidate à l'investiture du Parti démocrate, qui a tenu samedi son premier grand meeting de campagne à New York et s'est présentée comme la championne de la classe moyenne. ID:nL5N0YZ0CC "L'équipe Obama-Clinton-Kerry laisse un héritage de crises incontrôlées, de violences auxquelles on ne s'oppose pas, d'ennemis qu'on ne désigne pas, d'amis qu'on ne défend pas et d'alliances qui se délitent", a lancé Jeb Bush. RENVOI: Les candidats en lice pour les primaires républicaines ID:nL5N0YZ0B4 (Avec Alistair Bell et Zachary Fagenson; Henri-Pierre André, Guy Kerivel et Danielle Rouquié pour le service français)

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