Jean Ziegler : "Parti et socialiste vont devenir des gros mots pour les classes travailleuses"

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Jean Ziegler.
Jean Ziegler.

Durant l'été 2013, Olivier Bétourné, président des éditions du Seuil, de passage à Genève, dîne avec son ami Jean Ziegler. Contemplant les enseignes des grandes banques, des compagnies d'assurances, des bijouteries de luxe sur les bords du lac Léman, il provoque le sociologue suisse. "Tu as été député, professeur, écrivain, membre du bureau de l'Internationale socialiste, mais finalement, à quoi as-tu servi ?" De cette conversation vient de sortir Retournez les fusils, une réédition, totalement remaniée, d'un ouvrage paru trente-cinq ans plus tôt (*). À 80 ans (il est né en avril 1934 à Thoune, dans le canton de Berne), l'auteur de La Suisse lave plus blanc se déclare toujours marxiste, communiste et... croyant.Le Point.fr : Pourquoi avoir repris comme autobiographie intellectuelle le titre d'un de vos livres les moins connus ?Jean Ziegler : "Retournez les fusils" était le slogan des socialistes pacifistes qui se sont réunis clandestinement en septembre 1915 à Zimmerwald, en Suisse, dans une bourgade du canton de Berne. Le manifeste avait été rédigé par Léon Trotski. Il dénonçait la guerre comme une barbarie produite par le capitalisme, les marchands de canons. Y participaient des Français, des Allemands, des Russes, des Suisses, des Polonais, des Britanniques. Le prolétariat devait retourner ses armes contre les capitalismes, pas contre le camarade étranger. Si le monde change, vous, en revanche, refusez...

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