Jean-Yves Le Drian à Moscou pour parler coordination contre l'EI

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JEAN-YVES LE DRIAN EN RUSSIE POUR ÉVOQUER LA COORDINATION DANS LA LUTTE CONTRE L'EI
JEAN-YVES LE DRIAN EN RUSSIE POUR ÉVOQUER LA COORDINATION DANS LA LUTTE CONTRE L'EI

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Le ministre français de la Défense sera en Russie dimanche et lundi pour évoquer la coordination dans la lutte contre l'Etat islamique qui, trois semaines après la visite de François Hollande à Moscou, reste symbolique.

La visite de Jean-Yves Le Drian sera l'occasion d'"évoquer les modalités de coordination dans la lutte contre Daech (acronyme arabe de l'EI-NDLR) au Levant", a indiqué le porte-parole du ministère, Pierre Bayle, lors d'une conférence de presse à Paris.

"Cela fait partie des efforts internationaux pour renforcer la coalition contre Daech", a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions.

La France et la Russie ont convenu le 26 novembre, à l'occasion d'une rencontre entre François Hollande et Vladimir Poutine, d'intensifier leurs échanges d'informations et de renforcer leur coordination dans la lutte contre l'EI en Syrie.

Cette rencontre concrétisait le rapprochement esquissé par Moscou après les attentats du 13 novembre à Paris - revendiqués par l'Etat islamique - et l'attentat qui a provoqué le 31 octobre la destruction d'un avion de ligne russe au-dessus de l'Egypte.

Signe d'une certaine détente entre les deux pays qui s'opposent sur le sort de Bachar al Assad, le président russe avait ordonné à la flotte russe déployée en mer Méditerranée d'entrer en contact avec le porte-avions Charles-de-Gaulle et de travailler avec la France comme avec des "alliés".

Quelques jours plus tard à Moscou, les deux présidents se mettaient d'accord pour ne pas viser les groupes luttant contre l'Etat islamique en Syrie, selon François Hollande. Vladimir Poutine avait lui indiqué que les forces russes s'abstiendraient de viser les rebelles modérés.

"PAS TOUT À FAIT MIS EN OEUVRE"

Trois semaines plus tard, l'engagement russe peine à se vérifier sur le terrain.

Si au ministère français de la Défense on fait état d'une évolution dans les objectifs visés par l'armée russe avec 50% de frappes visant l'EI contre 20% précédemment, d'autres sources diplomatiques font elles plutôt état d'un statu quo.

Mercredi, le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond a accusé la Russie de continuer à frapper en priorité l'opposition syrienne plutôt que des cibles liées à l'EI et a jugé "inacceptable" que l'action russe affaiblisse l'opposition.

La Russie s'est engagée à ne plus frapper sur des groupes qui combattent l'Etat islamique, "or sur le terrain la tendance est inverse", souligne une source diplomatique française. Ce qui a été décidé à Moscou "n'est pas tout à fait mis en oeuvre aujourd'hui".

"Si on veut pouvoir travailler ensemble il faut qu'on puisse partager un objectif et cet objectif, si on le met au minimal, c'est ne frapper que les groupes terroristes à commencer par Daech", renchérit une autre source française.

Jeudi, Vladimir Poutine a une nouvelle fois assuré que ses forces soutenaient les forces de l'opposition qui combattaient l'Etat islamique.

Devant la commission de Défense nationale de l'Assemblée nationale le 25 novembre dernier, à la veille de la rencontre à Moscou, le chef d'état-major des armées françaises avait précisé que "s'agissant de la relation avec les Russes, il fallait procéder par étapes".

"Il faut se mettre d'accord pour combattre ensemble notre ennemi commun", soulignait le général Pierre de Villiers. "Une fois ce point politique réglé, nous pourrons organiser une coordination militaire. Aujourd'hui nous n'en sommes pas là", estimait-il.

Engagée en Irak depuis septembre 2014 et en Syrie depuis septembre, la France a intensifié ses frappes contre l'EI depuis les attentats du 13 novembre.

(avec Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet)

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  • M3366730 le dimanche 20 déc 2015 à 14:57

    Comment ce GvT a retourné sa verse vis à vis de la Russie. Le Drian n'a t'il pas été élus en région, que fait-il là bas !

  • M1961G le samedi 19 déc 2015 à 18:25

    le drian fait honte à la démocratie . le drian cumule il 2 salaires , alors qu'il a déja oublié la région . hollande n'a pas de parole et a construit tout sur le mensonge . moi président...........le drian nul en tant que ministre serait peut être meilleur à la région .

  • ANOSRA le samedi 19 déc 2015 à 17:51

    On négocie une coordination avec la Russie tout en prolongeant l'embargo au premier semestre 216, au détriment de l'agro alimentaire particulièrement touché en Bretagne ! Super comme diplomatie internatinale bien cachée aux bretons atteints de cécité médiatique !!!

  • M1178616 le samedi 19 déc 2015 à 17:20

    IL VIENT DE SE FAIRE ELIRE Pdt du conseil régional en Bretagne et cumule donc son salaire avec celui de ministre.......car je ne l'ai pas entendu dire qu'il renoncait à ce premier salaire. UN CUMULARD qui est TPMG!