Jean-Pierre Pernaut, à table avec les Français depuis 25 ans

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Jean-Pierre Pernaut présente le 13h de TF1 depuis le 22 février 1988. Christophe Chevalin/TF1
Jean-Pierre Pernaut présente le 13h de TF1 depuis le 22 février 1988. Christophe Chevalin/TF1

(AFP) - "Si tu déconnes pas, tu seras encore là dans 25 ans", l'avait prévenu Étienne Mougeotte à son arrivée au 13H00 de TF1 en 1988: depuis un quart de siècle, Jean-Pierre Pernaut s'invite à déjeuner chez les Français avec toujours le credo de la proximité et de la valorisation du patrimoine.

"On avait tous éclaté de rire, parce que ça semblait impensable", confie à l'AFP celui qui fêtera le 22 février cette longévité exceptionnelle dans le paysage audiovisuel français, avec plus de 5.000 JT à son actif.

Lorsqu'il succède à Yves Mourousi, icône cathodique, Jean-Pierre Pernaut met en place une nouvelle formule du journal télévisé, jugé trop institutionnel et formaté.

"On s'était dit +Faisons un journal pour les gens qui regardent la télévision à 13H00, c'est-à-dire essentiellement des gens qui rentrent déjeuner chez eux. Où sont ces gens? Pas forcément dans les grandes villes, où on rentre moins chez soi le midi. Donc ils sont partout ailleurs", explique le présentateur.

Le 13H00 de TF1, journal basé sur l'actualité des régions et la proximité, est né. Il s'agit de "traiter l'information d'une manière différente, avec des reportages qui sont au plus près des préoccupations quotidiennes. C'était ça le principe de départ et ça le reste aujourd'hui".

En 25 ans, année après année, il imprime sa marque, creuse son sillon, forge le style "Pernaut".

"C'est vrai que je respecte profondément les régions. Il y a 25 ans, on a fait un choix éditorial que l'on a maintenu et fait évoluer: valoriser les richesses de la France qui n'étaient pas montrées dans d'autres médias", explique celui qui travaille sans prompteur pour "vivre ses textes".

"C'est un journal national que j'ai voulu rendre régional. On parle autant de Strasbourg que de Lille, Marseille, Biarritz, Brest ou Paris", ajoute Jean-Pierre Pernaut.

"Faire du Pernaut"

"Tu arrives dans les régions et tu es reçu comme le messie. Les gens nous disent: +C'est le seul qui parle de nous+", témoigne un journaliste de TF1 qui évoque néanmoins un traitement des sujets parfois un peu "caricatural".

"Populiste", "démagogique" voire "poujadiste". Sa marque de fabrique a ses détracteurs et suscite parfois des railleries dont les Guignols de l'info ont fait leur miel.

Lui assure ne pas en être affecté, "trouve que c'est méprisant à l'égard de beaucoup de gens" et puise sa légitimité dans ses chiffres d'audience, qui le place toujours largement en tête.

En janvier 2013, l'audience moyenne de son JT est de 6,7 millions de téléspectateurs avec 46% de part d'audience (PDA). Selon TF1, son record remonte au lendemain de la Coupe du monde de football, le 13 juillet 1998, avec 10,1 millions de téléspectateurs et 66% de PDA.

Malgré les critiques et les railleries, la proximité est devenue à la mode. "Faire du Pernaut" est une recette qui marche.

"Depuis, il n'y a pas un seul JT, que ce soit TF1, France 2 ou une édition nationale de France 3, qui n'ait pas cette volonté d'aller au plus près de ce que ressentent les gens ou de faire une information qui peut vivre au-delà du périphérique", estime Catherine Nayl, directrice de l'information à TF1.

A force de s'inviter chez un téléspectateur sur deux à l'heure du déjeuner, il a fini par connaître "son" public par coeur.

"On sait qu'à 13H20, beaucoup de mamans quittent le journal pour aller conduire leurs enfants à l'école. On sait que le lundi, il y a davantage de commerçants qui regardent. Donc si on a des sujets qui vont s'adresser aux commerçants on va essayer de les diffuser le lundi, et le mercredi pour les enfants", souligne-t-il.

Compte-t-il arrêter un jour ? "Les audiences sont bonnes. Moi, j'ai la pêche. Je partirai quand mon patron me le dira", plaisante-t-il.

tup/fa/jlc

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