Jean-Pierre Filiu : "Ce sont les peuples arabes qui pourront défaire Daesh"

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L'historien Jean-Pierre Filiu.
L'historien Jean-Pierre Filiu.

Jean-Pierre Filiu, professeur en histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris, publie Les Arabes, leur destin et le nôtre (La Découverte, 250P., 14 euros). Ce fin connaisseur de l'islam contemporain y lève le voile sur une histoire du monde arabe largement méconnue, celle des contestations démocratiques et des révoltes sociales écrasées dans le sang, bien avant « les Printemps arabes ». Entretien.

Le Point : Les sociétés arabes ont fait en quarante ans leur transition démographique, là où l'Europe occidentale avait mis deux siècles. Une mutation accélérée qui, selon vous, a des conséquences explosives ?

Jean-Pierre Filiu : En effet, durant les deux générations qui couvrent la période 1970-2010, le monde arabe a accompli en silence une transition démographique que l'Europe a mis deux longs siècles à réaliser. Cette émergence d'une jeunesse éduquée et critique, parlant la même langue arabe depuis le Maroc jusqu'au Golfe, a permis l'extraordinaire diffusion de la mobilisation démocratique au cours de l'hiver 2010-2011, avec une contagion militante d'un pays à l'autre. J'ai cependant souligné d'emblée qu'il n'y avait aucun « effet domino », mais une dynamique régionale de contestation où les jeunes adultes, de 20 à 35 ans, souvent mères ou pères de famille, tenaient la ligne de front face à une classe...

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  • M7097610 le jeudi 27 aout 2015 à 23:40

    il a bien raison : en Egypte en 2003, j'y ai vu la bourgeoisie issue de la période Nasser (1960-70) s'accrocher à ses prérogatives. Avoir suscité le putch militaire contre le president élu a été une grosse erreur de l'occident : il y aura une révolution de type iranienne 79 et il faudra 40 ans pour normaliser les relations. Grosse erreur de croire que les quinqua ont la main dans cette région : ils perdront