Jean-Paul Kauffmann, le chasseur de fantômes

le
0
L'écrivain Jean-Paul Kauffmann, à Paris, en mars.
L'écrivain Jean-Paul Kauffmann, à Paris, en mars.

Attiré par les endroits désolés et chargés d’histoire, l’ancien journaliste aime à en ressusciter le passé. Pour son nouveau roman, « Outre-terre  », il s’est rendu sur les lieux de la bataille napoléonienne d’Eylau.

Il ne veut pas qu’on parle de lui. « L’important, c’est le livre. » Combien de fois ne l’a-t-on entendu, cette phrase, comme journaliste. Elle est parfois sincère, d’autres fois cache un narcissisme qui ne demande qu’à s’épanouir. Chez Jean-Paul Kauffmann, elle a évidemment un goût de léger paradoxe. Parler de lui, des siens, il est le premier à le faire. Outre-terre, son nouvel ouvrage, est un récit de voyage en famille dans le grand nord de l’ancienne Prusse-Orientale, devenu territoire russe. « On dit que je suis pudique, mais je parle beaucoup de ma famille, au contraire. D’ailleurs elle n’est pas très d’accord. » La justification sonne pourtant un peu faux. Jean-Paul Kauffmann est un grand lecteur. Il sait qu’il ne suffit pas à l’auteur de se mettre en scène pour parler de lui.

Mais soit. L’important, c’est bien le livre. Et qui le lira en apprendra beaucoup sur Jean-Paul Kauffmann. Non pas, comme il feint de le croire, parce qu’il en est le narrateur ou parce qu’il y évoque femme et fils, mais parce qu’on croise sur les lieux certains de ses fantômes. Kaliningrad, cette capitale de la région la plus occidentale de Russie, séparée de plusieurs centaines de kilomètres de la mère patrie, il s’y est rendu une première fois en 1991, peu avant la chute de l’URSS.

Alors en période de transition après sa longue captivité au Liban – enlevé à Beyrouth le 22 mai 1985, en même temps que le sociologue Michel Seurat, par le ­Jihad islamique, il n’est libéré que le 4 mai 1988 –, l...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant