Jean-Paul Betbèze : « Avec 5% de croissance mondiale, une France supplémentaire naît chaque année »

le
0
Le monde politique doit-il intervenir face aux « parachutes en or » des grands patrons ? Pourquoi les LBO transforment le paysage économique ? Jean-Paul Betbèze, chef économiste du Crédit Agricole, répond aux internautes.

Extrait du dialogue en direct avec Jean-Paul Betbèze, chef économiste du Crédit Agricole.

Golden parachutes. Jean-Paul Betbèze renvoie l’issue de la polémique des indemnités de départ des grands patrons à la responsabilité des actionnaires. « La rémunération des grandes sociétés internationales dépendent de lois mondiales - différentes des lois régionales, nationales ou locales - et des choix des groupes spécialisés (comités de rémunération dans le CA) et in fine des actionnaires [...] Il faut laisser aux actionnaires la responsabilité de leurs actes, ce qui veut dire la mesure des effets de leurs choix. Si le public n'aime pas, il peut vendre le titre... ou ne pas acheter le produit. Il faut faire attention à ne pas confondre quelques chiffres fabuleux avec la majorité qui ne l'est pas. » commente t-il.

Nouveau capitalisme. Place au pays émergents. Pour Jean-Paul Betbèze, « les réserves des pays émergents leur donnent aujourd'hui le pouvoir mondial. On le voit avec la Chine et les pays exportateurs de pétrole. [...] Avec une croissance mondiale à 5%, c'est chaque année une France supplémentaire qui naît. Au fur et à mesure, les pays émergents prendront des participations dans le "vieux capitalisme" [...] Le jour où la Chine acceptera une montée plus forte du Yuan, on verra qu'elle aura plus de moyens pour acheter... des entreprises des pays développés ! ». Selon l’économiste, mieux vaut donc se méfier aujourd’hui d’une bulle action à Shanghai. Autres nouvelles puissances de feu de la mondialisation : les LBO qui profitent d’un « intervalle du capitalisme actuel ». « Les sociétés cotées sont souvent handicapées par des contraintes, notamment juridiques et les PME ont souvent des limites en terme de drainage de fonds » analyse Jean-Paul Betbèze. Ainsi, « les LBO montrent que nous n'avons pas d'assez grosses PME et parfois un contrôle excessif des sociétés cotées. D’où l’idée de cette action en dessous de l’écran radar (avec ses risques) ».

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant