Jean-Michel Aulas justifie le choix Génésio et vise l'Europe

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Jean-Michel Aulas justifie le choix Génésio et vise l'Europe
Jean-Michel Aulas justifie le choix Génésio et vise l'Europe

Rasséréné par ses vacances, Jean-Michel Aulas est apparu déterminé lors de la présentation de Bruno Génésio à la presse. Avec deux objectifs : défendre son choix et relancer une dynamique positive à l'OL.

Jean-Michel Aulas, pourquoi avoir fait le choix de remplacer Hubert Fournier par Bruno Génésio pendant la trêve hivernale ?
Ce n'est pas dans mes convictions de changer d'entraîneur en cours de saison. On avait huit jours pour changer d'organisation et il fallait trouver la solution qui permette de faire mieux sans prendre le risque de tout casser. Bruno, c’est l’ADN de l’OL. Le nommer nous permet de créer un choc tout en conservant ce qui a été positif par le passé. Ce n'est pas un choix par défaut, c'est mûrement réfléchi. Connaissant Bruno, avec ses caractéristiques, on a plus de chances de pouvoir exister sur le deuxième semestre.

L’option Génésio avait-elle été envisagée lors du départ de Rémi Garde, à l’été 2014 ?
Bruno et Rémi sont très liés. Quand Rémi est parti, on s'est posé la question de nommer Bruno. Mais comme c'était à l'intersaison, on avait le temps de faire un recrutement extérieur pour enrichir le groupe. Là, on n'a pas le temps. On veut ressouder le groupe. On n'a pas de mauvais joueurs mais on n'a pas su les faire travailler ensemble. Imaginer qu'une personne extérieure puisse apporter davantage qu'une personne déjà présente aurait été un péché d'orgueil.

Qu’allez-vous apporter de nouveau au staff technique ?
Nous avons sollicité l'apport d'un ex-grand joueur de niveau international pour aider Bruno. Eric Abidal a failli venir mais cela n'a pas pu se faire pour des raisons personnelles. Le rôle de la personne que nous recherchons sera d’aider Bruno dans les échanges avec les joueurs et la capacité de répondre sur des sujets récurrents à Lyon sur le plan défensif. Le profil recherché, c'est un ancien joueur et si possible qui connait Lyon. Il pourra être sur le banc et en dehors. On a un entraîneur spécialisé sur les attaquants, avec Gérald Baticle, et il en faudrait un pour les défenseurs. On va également renforcer la préparation sportive mais on ne va pas se précipiter. On ne veut pas uniquement prendre des gens parce qu'ils sont libres mais parce qu'ils correspondent au diagnostic fait.

Que répondez-vous aux supporters ayant lancé une pétition suite à la nomination de Génésio ?
Il y a deux critères pour coacher l’équipe : il faut connaitre le contexte, parler la langue et les gens disponibles dans un laps de temps aussi court n'ont pas forcément les compétences pour occuper un poste aussi pointu que celui d'entraîneur de l'OL. Parmi les trois entraîneurs étrangers que j'ai vus, un ne parlait ni anglais, ni français, et voulait venir avec tout son staff (ndlr : Juande Ramos). Le deuxième n'était pas libre et il fallait payer un transfert mirobolant. Le troisième ne nous a pas plu, tout simplement. Le choix de Génésio est le moins risqué et les joueurs l'ont entériné à l'unanimité. Je donne rendez-vous aux supporters en mai. Tous les anciens entraîneurs de l'OL ont validé ce choix. Si on s'est trompé, on sera plusieurs.

« Les joueurs n’écoutaient plus Fournier »

Pensez-vous avoir bien géré le cas d’Hubert Fournier, dont le nom n’était pas mentionné dans le communiqué annonçant l’arrivée de Génésio ?
Je suis parfaitement serein, notamment sur le côté humain. On n'a pas parlé d'Hubert parce qu'on discute avec lui sur des questions juridiques. On l'a rencontré pour lui expliquer ce qui n'allait pas. Il a bien compris que son message ne passait plus avec ses joueurs. Quand il y a des difficultés, il faut savoir tourner la page. Toutes les composantes du club se sont resserrées autour d'un projet : celui de relancer l'OL pour qu'il retrouve sa place. Elle est au niveau le plus haut. On souhaite être européen, c'est l'objectif qu'on va se fixer tous ensemble et qu'on va retrouver le plus haut niveau.

Quel bilan tirez-vous des dix-huit mois passés au club par Hubert Fournier ?
Il ne faut pas tout renier. Mais j'ai eu l'impression qu'Hubert était plutôt soulagé. Quand le discours ne passe plus sur la moitié des joueurs, et les plus importants, c'est compliqué. C'est une histoire d'hommes. La première saison avait été excellente. Certains diront que c'était sur la lancée du travail de Rémi (Garde), je ne sais pas... Objectivement, je ne pense pas que les joueurs aient lâché Hubert mais ils ne l'écoutaient plus beaucoup. C'est difficile de pouvoir être efficace quand on n'écoute pas celui qui donne les consignes.

Comment expliquez-vous cette première partie de saison ratée ?
On a eu beaucoup de blessures sur le premier semestre. Le docteur tient des statistiques qui démontrent qu'on n'est pas le seul club à avoir beaucoup de blessés. On s'est interrogé mais on a beaucoup de blessures traumatiques, c'est la faute à pas de chance. On a moins de blessures musculaires qu'auparavant. On a aussi joué la Ligue des Champions et ça demande plus d'efforts. On n'a pas eu de réussite, on a tiré quatorze fois sur les poteaux. Au-delà de ce que va apporter Bruno, on peut imaginer qu'on va repartir du bon pied, avec un nouveau stade et une nouvelle organisation technique.

Qu’avez-vous dit à vos joueurs lorsque vous les avez rencontrés lundi ?
Il y a trop de choses qui sortent du vestiaire, probablement parce que des personnes qui n'adhérent pas au projet s'expriment. Le dialogue avec les joueurs a été constructif et intéressant. Ils sont satisfaits et ont envie de démontrer que c'est une période sans. Un club, c'est comme un théâtre : il y a ceux qui écrivent les textes, ceux qui mettent en scène et il y a les acteurs. Si les acteurs sont dans un jour sans, ça ne veut pas dire que les autres n'ont pas répondu aux attentes. On a tous fait des erreurs. Je me suis remis en question, aussi parce qu'il y avait une pression médiatique très forte pour que je change d'entraîneur, sinon je ne l'aurais peut-être pas fait. On a toujours eu les bonnes réflexions, dans les bons moments comme dans les mauvais. Les joueurs partent en stage en sachant que la concurrence doit être assimilée parce qu'on est dans un grand club.

« Réussir son recrutement, c’est encore plus difficile l’hiver »

Quel regard portez-vous sur le recrutement estival de l’OL ?
C’est difficile de se douter que ça ne va pas marcher quand vous prenez un joueur qui a joué tous les matchs de Ligue des Champions à la Roma, qui a coûté cher et qui a été champion de France avec Montpellier (ndlr : Mapou Yanga-Mbiwa). Ou quand vous prenez un joueur qui a passé six saisons à Manchester United et qui a une sélection avec le Brésil (ndlr : Rafael)… Ou encore quand vous prenez Claudio Beauvue, qui avait marqué 27 buts la saison dernière. On est tous très satisfait de Mathieu (Valbuena), même si des événements extra-sportifs l'ont perturbé. Sergi (Darder) est l'un des meilleurs jeunes joueurs espagnols à son poste. Il faut se poser des questions sur comment l'utiliser au mieux.

Cela va-t-il avoir des conséquences sur l’organigramme du club ?
On va élargir la cellule de recrutement mais le sujet n'est pas là. Quand vous n'avez pas les moyens des grands clubs, vous ciblez des joueurs bien précis. Je ne crois pas au fait de découvrir des talents à notre niveau. Tous les entraîneurs que j'ai connus à Lyon veulent des joueurs déjà internationaux. Ce n'est pas un problème de cellule de recrutement. On n'est pas une structure avec une direction sportive qui impose des joueurs à l'entraîneur. Tout se fait dans un consensus entre toutes les parties prenantes. Même avec Chelsea et mon ami Mourinho, on a vu que ça ne pouvait pas marcher. C'est d'une complexité incroyable. Malgré mes 30 ans d'expérience, je continue de me poser des questions.

Serez-vous actif lors du Mercato hivernal ?
Il n'y a pas de décision prise. C'est très difficile de faire un recrutement réussi en été, c'est encore plus difficile en hiver. Si certains joueurs étaient amenés à partir, il n'est pas impossible qu'on fasse des choix.

Quels objectifs avez-vous pour la deuxième partie de saison ?
Ce n'est pas la peine de se fixer des objectifs. Il faut absolument qu'on joue la Coupe d'Europe et je pense qu'on a la possibilité de reprendre les six points de retard sur Monaco. Le championnat est très compact, avec l'aide des dix matchs à domicile sur la phase retour dans un nouveau stade. Cela peut nous permettre d'avoir un ascendant sur les équipes qui nous précèdent.

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