Jean-Michel Aulas en remet une couche sur l'argent du PSG

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Jean-Michel Aulas en remet une couche sur l'argent du PSG
Jean-Michel Aulas en remet une couche sur l'argent du PSG

Jean-Michel Aulas a réagi au départ d'Anthony Martial à Manchester United, tout en prenant soin de porter un regard critique sur la politique de transfert du PSG et de certains clubs anglais.

Jean-Michel Aulas, l’OL n’avait pas dépensé autant d’argent pour un joueur comme Sergi Darder (12 millions d’euros) depuis 2010…
Ce n’est pas obligatoirement une stratégie de dépenser beaucoup. Quand on définit un axe de référence et un axe de performance, il faut savoir faire des concessions. Il faut savoir aussi imaginer l’avenir en s’appuyant sur ses points forts, c’est à dire l’académie qui est, je pense, la meilleure de France et peut-être la meilleure d’Europe. La volonté était d’avoir Sergi à nos côtés. On a suffisamment écouté les quolibets et les remarques depuis cinq ans quand on investissait dans le stade pour bien comprendre que la stratégie est composé des deux choses : être très fort sur la formation et investir dans un stade qui sera le plus beau d’Europe. Et puis savoir attirer les talents au poste qu’il convient à l’instant T et pour le futur. C’est une stratégie très ciblée. Florian Maurice a fait un travail magnifique.

Quel regard portez-vous sur le transfert d’Anthony Martial à Manchester United ?
C’est tout à fait valorisant pour Anthony. On pense surtout à lui, qui est passé par Monaco pour nous rendre service à un moment où on en avait besoin. Tout le monde savait ici que c’était un grand espoir, raison pour laquelle on avait gardé des droits sur cette opération puisqu’on a 20% sur la revente en plus des 5% liés à la formation. C’est une très belle opération pour Anthony, une très belle opération pour Monaco qu’on n'aurait pas pu réussir parce que Monaco a des relations avec un certain nombre de traders des très grands joueurs… On a été suffisamment malins pour gérer le court terme et gérer le moyen et le long terme : on est très heureux tout court.

Combien ce transfert va-t-il rapporter à l’OL ?
A court terme, c’est une dizaine de millions d’euros pour le club. Un petit peu plus avec les bonus, en connaissant les modalités exactes.

Cela vous choque-t-il de voir les dépenses des clubs anglais ?
C’est marrant que vous vous attachiez essentiellement aux moyens des clubs anglais et pas à ceux d’un club français. Les Anglais ont un revenu parce qu’ils ont bien vendu leur image, ce que le PSG dépense sans avoir les revenus. J’ai calculé : le PSG vient de dépenser 300 millions d’euros en trois ans. Manchester United est une société cotée en bourse qui a des ressources incroyables, qui sont des ressources liées à son activité propre. Plutôt que de jalouser l’Angleterre, on devrait s’y comparer et pour pouvoir s’y comparer, il faudrait avoir des stades en propriété. C’est ce que l’on a essayé de faire. Il faut avoir un bon centre de formation : c’est ce que l’on a essayé de faire. Et puis derrière, il faut avoir des performances en Ligue des Champions : c’est ce que l’on essaye de faire avec les arrivées de Sergi (Darder) et de Lucas (Tousart). Exister avec un stade en propriété et avec un centre de formation, cela peut permettre de gérer la concurrence à moyen terme. Mais qu’est-ce qu’il n’a pas fallu entendre… Manchester United fonctionne sur ses propres revenus. C’est un transfert énorme mais est-ce qu’il vaut mieux une transaction à 80 millions d’euros avec des revenus propres ou une transaction à 75 millions d’euros pour De Bruyne (Manchester City) sur des investissements qui sont financés de manière capitaliste ? Je ne sais pas. Est-ce que c’est juste ? C’est difficile de résister mais on va s’y atteler.

Êtes-vous en train de dire que vous avez du mal à accepter l’écart avec le PSG ?
Ce n’est pas une question d’accepter. C’est une question d’information qui permet de comprendre que quand on investit son propre argent pour faire une équipe compétitive, c’est toujours difficile de lutter quand il n’y a pas de mesure. Et la démesure est synonyme de déséquilibre. Ce n’est pas tellement que le PSG ait plus d’argent que nous pour investir, c’est la dérive entre ce qu’on peut faire pour qu’une équipe soit championne d’Europe et puis ce qui est fait. Si tous les ans il faut investir 150 millions dans les joueurs pour être champion d’Europe, ça pose quand même un problème. Ce n’est plus un problème de jalousie mais un problème d’équilibre économique et de régulation. L’excès n’est pas obligatoirement dans le sens des bonnes choses.

Propos recueillis par Anthony Ravas, à Lyon 

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