"Jean-Marie n'est pas Marine", assure la candidate FN

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MARINE LE PEN DIT QU'ELLE N'EST PAS SON PÈRE
MARINE LE PEN DIT QU'ELLE N'EST PAS SON PÈRE

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a pris à nouveau ses distances mardi avec son père, accusé d'avoir lu devant des cadres du Front national un poème de l'écrivain collaborationniste Robert Brasillach et cité sur une vidéo des maximes de Benito Mussolini.

Les propos du président d'honneur du FN, qui participe à la campagne présidentielle de sa fille, ont suscité de vives réactions au sein de la gauche, qui s'interroge sur la sincérité de la "respectabilisation" du parti menée par Marine Le Pen.

Ses opposants rappellent que la présidente du parti, qui, il y a un an, décrivait les camps de concentration comme le "summum de la barbarie", a participé le 27 janvier à un bal organisé à Vienne, en Autriche, par une association d'extrême droite.

Invitée mardi sur France 2, Marine Le Pen a affirmé qu'elle pouvait avoir des "divergences" avec son père ou des "sensibilités différentes".

"Ses propos l'engagent lui, ils ne m'engagent pas, moi. Moi, ce sont mes propositions qui m'engagent (...). Jean-Marie Le Pen est Jean-Marie Le Pen, il n'est pas Marine Le Pen", a-t-elle déclaré.

Néanmoins, la dirigeante du FN a jugé excessifs les reproches adressés à son père. "Ça choque quand c'est Jean-Marie Le Pen", a-t-elle dit, assurant que le "livre de chevet" de Nicolas Sarkozy était "Céline", dont les écrits antisémites lui ont valu d'être condamné pour collaboration à la Libération.

Lors d'une convention présidentielle du FN, le 18 février à Lille, Jean-Marie Le Pen avait lu "L'enfant d'honneur", un poème de Robert Brasillach, fusillé à la Libération pour collaboration avec le régime nazi.

Dimanche dernier, il a justifié cette lecture, récitant à nouveau le texte sur une radio.

"BEAUCOUP D'ENNEMIS, BEAUCOUP D'HONNEUR"

En outre, dans son "Journal de bord" mis en ligne deux jours auparavant, le fondateur du FN a clamé "beaucoup d'ennemis, beaucoup d'honneur", une maxime attribuée par ses détracteurs à Benito Mussolini.

Dans un communiqué intitulé "Aux incultes et aux ignares", Jean-Marie Le Pen a rétorqué que cette citation n'était "pas attribuable à Mussolini mais, quatre siècles plus tôt, au chevalier Georg Von Freundsberg, au service de l'Armée d'Espagne, qui la prononça lors de la bataille de Vicence en 1513".

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a estimé dimanche que le Front national était un parti à la fois "nationaliste" et "socialiste", une façon de le qualifier de parti nazi.

"Il est très inquiétant de voir un homme chargé des élections traiter mes électeurs et moi-même de nazis", a réagi la présidente du FN.

Les opposants les plus déterminés au FN soulignent le retour, voire l'omniprésence, de Jean-Marie Le Pen dans la campagne de sa fille.

Pour le Front de gauche, le fait que l'ancien dirigeant vienne "à la rescousse" de sa fille constitue un "aveu de faiblesse" pour la candidate du FN, qui a refusé jeudi dernier de débattre directement avec Jean-Luc Mélenchon.

Selon Alexis Corbière, proche du candidat du Front de gauche, le fait que son père ait aussitôt proposé de débattre avec Jean-Luc Mélenchon montre que ce dernier considère que sa fille a fait une erreur.

"Le vieux chef, fondateur et encore président d'honneur, reprend la main et veut faire entendre la vraie nature du Front national: la sienne", écrit-il sur son blog.

Dans un communiqué, SOS Racisme souligne que nul n'a dénoncé les récents propos de Jean-Marie Le Pen au sein du parti, "dont la dédiabolisation est une stratégie à laquelle seuls quelques gogos ou une poignée d'hypocrites peuvent encore croire."

Pour l'association, "le Front national, dont Marine Le Pen occupe une présidence nominale, reste dirigé par un Jean-Marie Le Pen dont la fille est la fondée de pouvoir à l'occasion de l'élection présidentielle".

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • M1531771 le mardi 28 fév 2012 à 13:01

    Faudrait surtout et sincèrement que l'on arrête, à chaque fois que Marine Le Pen est sur un plateau de TV, qu'on lui reparle de ce que son père avait dit ou fait 10/20 ou 30 ans en arrière...!!! C'est Marine Le Pen qui est candidate, pas son père....!!! Est ce qu'à chaque fois que Hollande ou Sarkozy viennent sur un plateau de TV on leur reparle de ce que Giscard, Chirac ou Mittrand avait dit ou fait...? Non ! Alors pourquoi une différence de "traitement"...?!?