Jean-Marie Messier défend sa communication à la tête de Vivendi

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JEAN-MARIE MESSIER DÉFEND SA COMMUNICATION À LA TÊTE DE VIVENDI
JEAN-MARIE MESSIER DÉFEND SA COMMUNICATION À LA TÊTE DE VIVENDI

PARIS (Reuters) - Jean-Marie Messier a estimé mardi devant la cour d'appel de Paris qu'on lui faisait un mauvais procès en le poursuivant pour sa communication publique au moment des déboires de son ex-société Vivendi Universal entre 2000 et 2002.

L'ex-président du groupe de communication et d'environnement a résumé d'une formule le décalage entre des annonces prévisionnelles qui, selon d'ex-actionnaires, ont donné une image mensongère de la situation de l'entreprise et la réalité des résultats.

"Avec des si, on mettrait Paris en bouteille", a-t-il dit.

Jean-Marie Messier avait transformé entre 1996 et 2002 la Compagnie générale des eaux en géant mondial de la communication, avec notamment le rachat de Canal+ et du groupe canadien Seagram, qui contrôlait le studio de cinéma Universal.

Condamné en 2011 à trois ans de prison avec sursis et 150.000 euros d'amende pour "diffusion d'informations fausses ou trompeuses" et "abus de bien social", il avait fait appel.

Il a dit mardi avoir été "choqué par ce jugement", qu'il juge plus "imprégné de l'histoire médiatique de Vivendi Universal" que de droit.

La présidente de la cour, Mireille Filippini, réputée pour sa pugnacité, a commencé mardi à examiner le premier des quatre volets de la communication reprochée à l'ancien enfant terrible du capitalisme français.

Il s'agit d'une interview de Jean-Marie Messier au journal Les Echos puis d'un communiqué, tous deux datant de décembre 2000, annonçant la vente du secteur vins et spiritueux de Seagram.

L'ex-dirigeant assure alors que grâce à cette vente, le groupe sera "net de dettes" au 1er janvier "pour ses activités communication", alors que l'endettement effectif s'est révélé être de 3,4 milliards d'euros.

"GÂCHER TON WEEK-END"

Il reconnaît un "excès de communication et de passion" mais estime qu'il était "légitime" et "nécessaire" d'informer le marché d'une "action majeure" du groupe, à savoir la confirmation définitive d'une vente et de son prix.

Mireille Filippini revient alors avec insistance sur une note du 1er février 2001 de son ancien directeur financer, intitulée "pour gâcher ton week-end" et indiquant que la dette était alors estimée à 1 milliard d'euros.

"On parle de milliards quand même! ", observe la présidente. "C'est à la mesure de la dimension du groupe", répond Jean-Marie Messier.

Lors du communiqué incriminé et de son interview, en décembre, il n'avait pas connaissance de ce milliard évoqué le 1er février suivant, souligne-t-il.

Il explique le résultat final de 3,4 milliards de dettes par un retard dans la cession d'AOL et une grève des studios de cinéma aux Etats-Unis. Un élément qu'il n'avait pas évoqué en première instance, s'étonne Mireille Filippini.

Jean-Marie Messier affirme également que le fait d'avoir voulu livrer cette information précise sur la vente de la branche vins et spiritueux ne signifiait absolument pas qu'il voulait cacher l'état d'endettement total du groupe, qui était alors de 27 milliards d'euros.

D'un ton mesuré, il n'en livre pas moins son sentiment d'injustice, qu'il avait exprimé dans un communiqué publié après le premier jugement: "Que je sois devant vous, 12 ans après, sur une phrase unique, j'ai un peu de mal avec ça".

Pendant plus d'un mois, Jean-Marie Messier devra s'expliquer sur d'autres annonces litigieuses du groupe ou de lui-même en 2001 et 2002.

Avant son audition, la cour avait rejeté la demande de question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par l'un des anciens dirigeants du groupe jugés en même temps que leur ancien patron.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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