Jean-Marie Le Pen n'est pas réintégré, reste président d'honneur

le
0
    PARIS, 17 novembre (Reuters) - Le tribunal de grande 
instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) a rejeté jeudi la demande 
de réintégration de Jean-Marie Le Pen au Front national mais a 
reconnu son statut de président d'honneur, a-t-on appris auprès 
de son avocat, Frédéric Joachim. 
    La reconnaissance de son statut de président d'honneur va 
obliger le parti présidé par Marine Le Pen à faire en sorte 
qu'il "siège à toutes les instances" prévues à ce titre, selon 
le défenseur du co-fondateur du FN.  
    "Le sens de cette décision est que le Front national est 
condamné à recevoir Jean-Marie Le Pen dans toutes les instances, 
sous astreinte de 2.000 euros par infraction constatée", a dit 
Frédéric Joachim à Reuters.  
    "Je vais le signifier sans délai à la direction du parti", 
a-t-il ajouté.  
    L'éviction de Jean-Marie Le Pen, âgé de 88 ans, a été 
prononcée le 20 août 2015 sur l'injonction de sa fille Marine. 
    Il s'agit du énième rebondissement judiciaire dans la guerre 
que se livrent le père et la fille depuis un an et demi après 
les déclarations réitérées du patriarche sur les chambres à gaz 
et sa sympathie pour le maréchal Pétain. 
    La justice avait donné raison à Jean-Marie Le Pen à trois 
reprises, notamment en suspendant le congrès par correspondance 
visant à supprimer son statut de président d'honneur, qu'il a 
donc conservé. 
    Selon lui, son exclusion aurait dû être prise "au moins par 
le bureau politique". Or elle a été décidée par un bureau 
exécutif réduit à quatre personnes, Marine Le Pen et le 
vice-président du FN Florian Philippot ayant notamment décidé de 
ne pas prendre part au vote. 
    Sur le fond, Jean-Marie Le Pen juge "dérisoires" les 
reproches formulés par sa fille et accentue ses critiques contre 
la normalisation de la présidente du FN, qui a supprimé toute 
référence au parti pour sa campagne présidentielle. 
    En octobre, l'ancien dirigeant était allé jusqu'à délivrer 
un satisfecit à Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la 
droite, jugeant qu'il se "jean-marisait" alors que Marine Le Pen 
évacuait le terrain "pour aller vers le centre". 
    Jean-Marie Le Pen, qui a lancé des "Comités Jeanne" avec des 
dissidents du FN et le Parti de la France de Carl Lang, a 
affirmé en septembre qu'il entendait peser sur les législatives 
qui suivront la présidentielle, quitte à affaiblir le FN dans 
certains secteurs.   
    Le président d'honneur a annoncé en septembre qu'il comptait 
distribuer un "label" aux candidats qui lui en feraient la 
demande. 
   Selon son collaborateur parlementaire Lorrain de 
Saint-Affrique, environ 150 circonscriptions seraient déjà 
couvertes, mais l'objectif serait d'arriver à 400 candidatures. 
 
 (Gérard Bon, édité par Chine Labbé) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant