Jean-Marie Le Pen lance un ultimatum à sa fille

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France's far-right National Front political party leader and MEP Marine Le Pen and her father and party founder and honorary president Jean-Marie Le Pen wait for the start of a voting session at the European Parliament in Strasbourg
France's far-right National Front political party leader and MEP Marine Le Pen and her father and party founder and honorary president Jean-Marie Le Pen wait for the start of a voting session at the European Parliament in Strasbourg

PARIS (Reuters) - Jean-Marie Le Pen somme sa fille Marine de faire l'unité du Front national et de la mouvance nationale avec un changement de ligne politique, faute de quoi il menace de fédérer l'extrême droite, y compris radicale, hors du parti.

Dans une lettre ouverte à Marine Le Pen et rendue publique mardi, le président d'honneur du FN estime qu'une victoire à la présidentielle de 2017 passe par une "unité sans faille" de sa famille politique.

Jean-Marie Le Pen, qui a été exclu du FN en 2015 à la suite de déclarations polémiques, a menacé à plusieurs reprises de créer un courant en interne, voire un nouveau parti.

Il avait toutefois renoncé dans un souci d'unité à mener une liste dissidente dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) face à sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, ce qu'il rappelle dans sa lettre ouverte.

Or, le député européen estime aujourd'hui que le séminaire stratégique organisé au début du mois par Marine Le Pen pour réfléchir au programme du parti en vue de 2017 a "accouché d'une souris". La dirigeante y a notamment exclu de renoncer à la sortie de l'euro, réclamée par plusieurs figures du FN.

Jean-Marie Le Pen considère également que le retrait, très relatif, de l’espace médiatique décidé par sa fille pour l'année 2016 "risque d’être irréversible".

"Il faut refermer au plus tôt la faille ouverte, qui, déjà, suscite les ambitions chez de potentiels candidats qui, par leur seule présence, menaceraient vos chances de figurer au second tour", écrit-il.

"DEMANDES PRESSANTES"

Il évoque des "demandes pressantes" le conduisant "à organiser, si possible à l’intérieur, ou en parallèle avec le Front National, un rassemblement des volontés patriotiques fidèles à la ligne politique d’un changement décisif".

"Si notre démarche n’aboutit pas, conscients des terribles dangers qui menacent notre patrie, nous ne baisserons pas les bras, et agirons alors et à regret en dehors du Front National", ajoute-t-il.

Jean-Marie Le Pen avait déjà prôné il y a quelques semaines "le rassemblement de tous", y compris Florian Philippot, le vice-président du parti qu'il n'avait jusqu'alors cessé d'attaquer.

En juillet, le député européen avait même imaginé cet énarque de 33 ans passé par le MRC de Jean-Pierre Chevènement au service de la droite "pour saboter le Front national".

Florian Philippot incarne la ligne sociale que défend Marine Le Pen, mais nombre de cadres et élus de la formation d'extrême droite revendiquent un côté plus droitier et veulent un sérieux toilettage du programme économique.

Marion Maréchal-Le Pen, députée du Vaucluse, a ainsi insisté à plusieurs reprises sur le fait que les marges de progression du FN "se situent sur l'électorat de droite".

"Dans le Vaucluse, si nous avons obtenu la majorité absolue, c'est parce qu'on a tué l'UMP. Je ne dis pas que la France est à l'échelle du Vaucluse, bien sûr, mais il faut savoir à qui on s'adresse", avait-elle déclaré début février au Point.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • M4404523 il y a 10 mois

    Il peut pas la laisser tranquille..