Jean-Marie Le Pen conteste son exclusion du FN en justice

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    PARIS, 5 octobre (Reuters) - Jean-Marie Le Pen réclame ce 
mercredi devant le tribunal de grande instance de Nanterre 
(Hauts-de-Seine) l'annulation de son exclusion du Front 
national, prononcée le 20 août 2015 sur l'injonction de sa 
fille.  
    Le co-fondateur du FN, âgé de 88 ans, doit se présenter en 
début d'après-midi à l'audience où il entend demander 2 millions 
d'euros de dommages et intérêts pour une éviction qu'il juge 
"entachée d'irrégularités". 
    Il s'agit du énième rebondissement judiciaire dans la guerre 
que se livrent le père et la fille depuis un an et demi après 
les déclarations réitérées du patriarche sur les chambres à gaz 
et sa sympathie pour Pétain.  
    La justice a donné raison à Jean-Marie Le Pen à trois 
reprises, notamment en suspendant le congrès par correspondance 
visant à supprimer son statut de président d'honneur, qu'il a 
donc conservé.  
    Selon lui, son exclusion aurait dû être prise "au moins par 
le bureau politique". Or elle a été décidée par un bureau 
exécutif réduit à quatre personnes, Marine Le Pen et le 
vice-président Florian Philippot, notamment, ayant décidé de ne 
pas prendre part au vote. 
    Jean-Marie Le Pen avait à l'époque tweeté la photo des 
quatre membres du "peloton d'exécution" avec ce commentaire : 
"N'oubliez jamais !". 
    Sur le fond, Jean-Marie Le Pen juge "dérisoires" les 
reproches formulés par sa fille et accentue ses critiques contre 
la normalisation de la présidente du FN, qui a supprimé toute 
référence au parti pour sa campagne présidentielle. 
    Dans le Parisien, mardi, l'ancien dirigeant va jusqu'à 
délivrer un satisfecit à Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire 
de la droite, jugeant qu'il se "jean-marise" alors que Marine Le 
Pen évacue le terrain "pour aller vers le centre". 
    "Je pense qu'elle a tort de souhaiter apparaître plus 
centriste qu'elle ne l'est", dit-il.  
    Jean-Marie Le Pen, qui a lancé des "Comités Jeanne" avec des 
dissidents du FN et le Parti de la France de Carl Lang, entend 
peser sur les législatives qui suivront la présidentielle, 
quitte à affaiblir le FN dans certains secteurs. 
    Le président d'honneur déchu a en effet annoncé en septembre 
qu'il comptait distribuer un "label" aux candidats qui lui en 
feraient la demande.  
    Selon son collaborateur parlementaire Lorrain de 
Saint-Afrique, environ 150 circonscriptions seraient déjà 
couvertes, mais, l'objectif serait d'arriver à 400 candidatures. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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