Jean-Marie Le Pen avait rencontré secrètement Karadzic en fuite

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PARIS (Reuters) - Jean-Marie Le Pen a traversé le désert irakien en 1996 pour rencontrer Saddam Hussein et a vu secrètement Radovan Karadzic, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, révèle son ancien garde du corps.

Dans un livre qui paraît mardi, "Mission Le Pen", Thierry Légier, 46 ans, qui assure aujourd'hui la sécurité de Marine Le Pen, dévoile une partie du monde secret du fondateur du Front national.

"Jean-Marie Le Pen est animé par une soif de vérité. Etant lui-même pestiféré, il a rencontré des personnes jugées infréquentables", dit-il à Reuters.

Jean-Marie Le Pen a confirmé mardi sur i>TELE avoir rencontré Radovan Karadzic, alors qu'il était recherché par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) depuis 1995. Arrêté en 2008, son procès au TPIY s'est ouvert en 2009.

"Je ne suis pas chargé de traquer les criminels de guerre désignés par l'opinion publique, moi", s'est justifié le président d'honneur du FN. "Quand je vais quelque part, j'essaye de m'informer et j'essaye de m'informer le plus directement possible."

"Ce n'était pas le fugitif qui recevait Le Pen mais un chef d'Etat sans palais, en sursis, qui n'était pas près de se rendre", souligne de son côté Thierry Légier, évoquant un voyage sur "les routes scabreuses" de Serbie.

Il raconte également comment, en mai 1996, Jean-Marie Le Pen et lui-même sont partis d'Amman, en Jordanie, pour rejoindre Bagdad par la route en raison de l'embargo frappant l'Irak. Une traversée de 15 heures, sans moyens de communication, destinée à rencontrer l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein.

Dans son livre, nourri d'anecdotes, le garde du corps de Le Pen évoque un déjeuner au Fouquet's en 2004 du dirigeant d'extrême droite avec des membres de la communauté juive, une rencontre avec le dernier patron du KGB soviétique et ses relations avec François de Grossouvre, conseiller de François Mitterrand.

Il est également question de dîners en tête-à-tête avec l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing.

Prié de décrire Jean-Marie Le Pen, Thierry Légier évoque "une personne hors pair, d'une culture extraordinaire". "Moi-même, j'en apprenais tous les jours", dit-il en évoquant la "puissance mentale et physique" du vieux chef frontiste.

"Il fait toujours de la musculation, de l'entraînement de boxe et du tir", précise l'ancien militaire.

Engagé dans les parachutistes, Thierry Légier a servi en Nouvelle-Calédonie, en Centrafrique et au Tchad avant de se tourner vers la sécurité privée.

Il dit avoir protégé des industriels, des familles du Proche-Orient et des stars américaines du show-biz avant qu'un de ses amis ne lui propose en 1992 de devenir garde du corps de Jean-Marie Le Pen.

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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  • jmuzan le mardi 21 fév 2012 à 17:11

    qui se fréquentent s'assemblent, indécrotable président d'honneur, décidément chez les le Pen tout est question de succession jusqu'au ciment des murs.Comme il dit s'est mieux de se déplacer et se rendre compte de soi -même mais il s'agit d'un luxe qu'on peut s'offrir lorsqu'on a pas payé son patrimoine!!!!!!!!!!!