Jean-Marc Ayrault veut limiter l'impact des coupes dans l'armée

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JEAN-MARC AYRAULT VEUT LIMITER LES EFFETS DES COUPES DANS L'ARMÉE
JEAN-MARC AYRAULT VEUT LIMITER LES EFFETS DES COUPES DANS L'ARMÉE

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a répondu vendredi à la grogne liée aux réductions d'effectifs de l'armée en promettant que tous les moyens seraient mis en oeuvre pour en limiter les conséquences, notamment via un dialogue avec les élus.

Le gouvernement a annoncé jeudi la restructuration ou la fermeture d'une demi-douzaine d'unités et de bases de l'armée de terre et de l'aviation, un programme qui se soldera par la suppression d'au moins 7.500 postes en 2014, année électorale délicate pour les socialistes au pouvoir.

Les ajustements du ministère de la Défense -doté d'un budget 2014 stable par rapport à 2013 à 31,4 milliards d'euros hors pensions- vont conduire à la suppression de 24.000 postes à l'horizon 2019.

"Nous nous attacherons bien sûr, et j'y veillerai personnellement, à limiter les conséquences de ces évolutions pour les territoires", a déclaré Jean-Marc Ayrault dans un discours à l'ouverture des sessions nationales de l'Institut des hautes études de la Défense nationale et de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice.

"Je veillerai à ce que la plus grande attention soit portée au dialogue avec les élus et à une mobilisation de tous les services de l'Etat pour assurer l'accompagnement économique des collectivités territoriales concernées", a-t-il ajouté en présence des ministres de l'Intérieur et de la Défense, Manuel Valls et Jean-Yves Le Drian.

Devant la presse, le Premier ministre a ensuite dit avoir engagé un processus "dans la durée" pour "ménager les territoires qui peuvent se retrouver parfois en difficulté"

"ON TROUVERA LES RÉPONSES"

"On mettra tous les moyens sur la table en concertation avec les élus, les forces vives, pour que lorsqu'une unité doit fermer, on trouve les réponses en terme d'emplois et en termes financiers", a-t-il expliqué.

A l'approche des élections municipales et européennes du printemps, les restructurations dans l'armée s'annoncent comme l'un des thèmes de campagne dans de nombreuses régions.

Le Front national, fortement implanté dans le sud-est de la France, directement concerné par certaines des restructurations prévues pour 2014, est d'ores et déjà monté au créneau en accusant le gouvernement de "brader" le "savoir-faire militaire" et l'"indépendance diplomatique" de la France faute "d'avoir le courage de mener des réformes structurelles".

L'armée est aussi sortie de réserve.

Le "Cercle des sentinelles de l'Agora", club de réflexion réunissant d'ex-officiers des trois armes, de sensibilités diverses, a ainsi déploré dans un manifeste que l'armée française était désormais réduite à "l'état d'échantillon".

Jean-Marc Ayrault a défendu vendredi "une démarche de modernisation raisonnée qui s'engage, sans pour autant sacrifier les effectifs nécessaires à l'action et tout en garantissant les conditions d'activité des armées".

"Ce projet préserve aussi l'excellence de notre industrie de défense", a-t-il assuré.

Au chapitre des améliorations à apporter, le Premier ministre a assuré que "tout était mis en oeuvre" pour remédier aux "désordres inacceptables" engendrés par le système de paie Louvois, dont la mise en place en octobre 2011 a provoqué des dizaines de milliers d'erreurs.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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  • fbordach le vendredi 4 oct 2013 à 12:01

    Ouarf! En réhabilitant les mutins de 14?