Jean-Marc Ayrault va plaider pour des sanctions de l'UE en Libye

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JEAN-MARC AYRAULT VEUT DES SANCTIONS DE L'UE CONTRE DES RESPONSABLES LIBYENS
JEAN-MARC AYRAULT VEUT DES SANCTIONS DE L'UE CONTRE DES RESPONSABLES LIBYENS

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a déclaré jeudi qu'il s'apprêtait à plaider pour des sanctions contre des responsables libyens coupables à ses yeux d'entraver le processus de formation d'un gouvernement d'union à même de lutter contre l'organisation Etat islamique.

"Il y a urgence. Si on veut trouver les solutions pour combattre Daech et soutenir les Libyens, (encore) faut-il qu'ils aient des autorités légales reconnues par la communauté internationale", a déclaré le chef de la diplomatie française.

"Maintenant, on ne peut plus attendre, je dirais 'ça suffit'", a encore dit Jean-Marc Ayrault lors de cet entretien accordé à iTELE durant un déplacement en Egypte.

"Il y a ceux qui se mettent en travers pour des raisons individuelles d'intérêts et je n'exclus pas qu'on puisse les menacer de sanctions. En tout cas, c'est ce que je proposerai à mes collègues des affaires étrangères lundi à Bruxelles", a-t-il ajouté.

Jean-Marc Ayrault et ses homologues de l'Union européenne ont rendez-vous lundi pour évoquer la question iranienne, le processus de paix au Proche-Orient, les relations avec la Russie mais aussi la situation en Libye.

Des diplomates européens ont discuté cette semaine de l'opportunité d'infliger des sanctions à des responsables libyens sous la forme de gel d'avoirs et d'interdictions de séjour dans l'UE, mais ne sont pas parvenus à s'entendre, faute d'un accord de la Grèce notamment.

La confusion politique règne en Libye où deux gouvernements et deux parlements rivaux se disputent le contrôle du pays depuis l'été 2014, lorsque les miliciens de l'"Aube libyenne" se sont emparés de Tripoli, la capitale.

Le gouvernement du Premier ministre Abdallah al Thinni, seul reconnu par la communauté internationale, et la Chambre des représentants élue en juin dernier ont trouvé refuge dans l'est du pays.

Le groupe Etat islamique a profité de l'absence de pouvoir central et du vide sécuritaire laissé par la révolution de 2011 pour s'implanter dans certains secteurs, principalement autour de la ville de Syrte.

Selon un rapport du Conseil de sécurité de l'Onu, l'organisation djihadiste a accru l'étendue des territoires sous sa coupe, en partie en raison d'un afflux de combattants étrangers en provenance du Soudan, de la Tunisie et de la Turquie.

Des diplomates français et des responsables libyens ont confirmé la présence de conseillers militaires français en Libye, en lien avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, qui y ont déjà frappé des cibles de l'Etat islamique.

(Simon Carraud, avec John Irish, édité par Pierre Sérisier)

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