Jean-Marc Ayrault tente de stabiliser le bateau ivre du PS

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JEAN-MARC AYRAULT TENTE DE RAMENER LE CALME AU PARTI SOCIALISTE
JEAN-MARC AYRAULT TENTE DE RAMENER LE CALME AU PARTI SOCIALISTE

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste a affiché mardi son soutien à la politique du gouvernement après une série d'épisodes calamiteux illustrant ses divisions, sans parvenir à faire taire les voix discordantes à cinq mois des élections municipales.

Après avoir présidé un petit déjeuner de la majorité à Matignon, où il a ensuite reçu en particulier le premier secrétaire du PS Harlem Désir, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a appelé son camp à "faire bloc pour faire réussir la politique du président de la République".

Une mise au point du chef de la majorité s'imposait après un week-end dominé par les critiques, à droite comme à gauche, contre l'intervention de François Hollande sur l'affaire Leonarda, la collégienne expulsée vers le Kosovo dont le sort a fait descendre des milliers de lycéens dans la rue.

Le chef de l'Etat lui a proposé de revenir étudier en France sans sa famille, définitivement éloignée, mais il a été désavoué par Harlem Désir, qui a demandé le retour des frères et soeurs et de la mère de Leonarda avant d'être "recadré".

Ces derniers jours ont aussi été marqués par des sondages en berne pour l'équipe au pouvoir et les huées contre François Hollande et Jean-Marc Ayrault entendues à Marseille chez les partisans de Samia Ghali, candidate malheureuse à la primaire PS pour les municipales de mars 2014.

L'affaire Leonarda devait être soldée lors de la réunion du groupe PS de l'Assemblée qui s'est déroulée, aux dires des participants, dans un calme tout relatif.

HARLEM DÉSIR FRAGILISÉ

Plusieurs députés ont pris la parole, mais pas Harlem Désir, "rabroué" au moment où le président du groupe, Bruno Le Roux, voulait lui donner la parole, a raconté un député.

"Le président de la République a pris une position, nous la soutenons, le débat est clos", a déclaré à la presse le numéro un du PS, déjà fragilisé avant cet épisode.

"Ce qui s'est passé ce week-end, il va avoir du mal à s'en remettre. C'est vraiment compliqué pour lui", prédit un ténor socialiste même si un autre le défend en expliquant qu'"on n'est pas obligé d'être le doigt sur la couture du pantalon".

L'éventualité d'un départ d'Harlem Désir de la tête du PS est évoquée du bout des lèvres par certains élus socialistes, qui voient une porte une sortie pour lui après les élections européennes du printemps.

Une hypothèse exclue par l'un des porte-parole du PS, David Assouline. "Ce n'est pas à l'ordre du jour. Personne n'a jamais posé cette question", le sujet "n'est même pas dans l'air", a-t-il dit à l'issue du bureau national du parti.

Le député de Paris Jean-Marie Le Guen veut croire que "la page est en train d'être tournée : la volonté est réelle de se rassembler, de gagner en sérénité". "Il a pu y avoir un certain nombre de dérapages, ils sont derrière nous", a-t-il dit.

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui avait notamment reproché à l'exécutif d'être trop focalisé sur les résultats économiques, a parlé lui aussi de mobilisation pour "la réussite du changement".

"Dans la vie, il peut y avoir des périodes plus difficiles que d'autres, c'est aussi l'ensemble du quinquennat que nous devons avoir en tête", a-t-il souligné.

VOIX DISCORDANTES

Mais des voix discordantes continuent à se faire entendre.

Malek Boutih, député de la gauche du PS, estime ainsi que "les problèmes vont perdurer" et ne cache pas l'angoisse des socialistes à l'approche d'élections municipales et, surtout, européennes, pour lesquels le Front national a le vent en poupe.

"Ce n'est pas du groupe socialiste que viennent les problèmes politiques en ce moment", a dit le député de l'Essonne, évoquant le spectre de 2002, qui avait vu Lionel Jospin quitter la vie politique après sa défaite face à Jean-Marie Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle.

"Alors ceux qui donnent des leçons en disant qu'il faut de la solidarité, je sais comment ça finit : le jour où il y a des résultats négatifs, on nous abandonne. Cette fois, on ne nous fera pas le coup. On n'est pas une génération qui va se taire sous prétexte qu'il faudrait attendre la fin du bal."

Signe du malaise ambiant, écologistes et radicaux de gauche ont voté la semaine dernière contre la réforme des retraites à l'Assemblée, où 17 députés socialistes se sont abstenus.

Le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé a même appelé mardi les lycéens à descendre de nouveau dans la rue le 5 novembre pour obtenir le retour de Leonarda et de sa famille.

"Quand on fait de la politique, on recherche l'apaisement, on ne souffle pas sur les braises et surtout on ne dicte pas aux lycéens et aux jeunes ce qu'ils ont à faire", a répliqué le porte-parole du PS, Eduardo Rihan-Cypel.

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  • j.sallio le vendredi 25 oct 2013 à 12:36

    Les élections de 2014 font être une ecatombe. Après 2 Années de mensonges et d'appauvrissement des Ménages et des retraites la sanction va être sans appel.Le plus triste serait que l'on assiste à une flambée de L'extrême droite comme seul remède. Mais l'euro Pourrait creuser sa propre tombe et celles des épargnantsAussi

  • dupon666 le mardi 22 oct 2013 à 21:49

    monsieur Zero devrait remonter dans son combi VW qui represente 50% de son patrimoine et disparaitre des ecrans radar le plus vite possible avant que ça tourne mal

  • M9700920 le mardi 22 oct 2013 à 21:08

    Harlem désir, il n'y a qu'à Harlem qu'on le désire!!! pas ailleurs!!!!

  • M9700920 le mardi 22 oct 2013 à 21:06

    Dans le privé, aucun enseignant n'est capable de gérer une entreprise. On voit une nouvelle fois le résultat qd on mets ce type de personne au gouvernement. aucun charisme, incompétence dans la gestion des hommes et des affaires, etc Allez Dehors le Héros!

  • slivo le mardi 22 oct 2013 à 17:53

    il n'y a plus qu'à apprendre le morse pour lancer les derniers SOS mais pas sur que quelqu'un vienne au secours. Les rats sentent qu'il faut quitter le navire.

  • rungis le mardi 22 oct 2013 à 17:48

    dans la famille branquignolles nous avons la famille entière mais c'est avant une mauvaise pioche car c'est une sacrée bande de nuls et de bons à rien ou mauvais à tout!!!!le siège éjectable va faire mal aux prochaines élections.A moins que tout mou soit touché par la grâce et décide de jeter l'éponge.Ce serait noel avant l'heure!!!!!!!A 57 ans j'ai encore le droit de rêver pour l'instant c'est encore gratuit

  • NYORKER le mardi 22 oct 2013 à 17:47

    Les maires de gauche savent ce qu'ils leur restent à faire : leur baluchon et tailler la route, futur exode

  • bordo le mardi 22 oct 2013 à 17:42

    Ils sont bons, hein ? Finalement, il n'y a pas vraiment besoin d'opposition, ils se suicident un peu tous seuls, comme les lemmings. Pas besoin de les critiquer, ils se mettent des peignées entre eux, sans déranger. Valls est populaire auprès des français ? Le voilà comparé à Pétain et une expulsion après décision de justice, hop ! c'est la rafle du vel d'hiv. Mais pourvu que cela continue comme çà, c'est excellent.

  • M7403983 le mardi 22 oct 2013 à 17:42

    Même si le fameux Désir saute , cela ne changera pas la donne !! C'est une équipe de bras cassés. Qu'on se le dise !! Il n'y a pas besoin d'avoir fait HEC (Hautes Etudes Communales) pour s'en convaincre. Quant à Ayrault, son "bon fond" tel que le souligne ED4323, je ne suis pas sectaire, mais tout de même, il faut se rappeler de quelques discours vraiment haineux ... et ce n'est rien de le dire !!

  • NYORKER le mardi 22 oct 2013 à 17:37

    Ce n'est plus de l'ivresse mais le coma éthylique pour ce gouvernement bolchévique