Jean-Marc Ayrault reçoit mardi des élus bretons en colère

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DES ÉLUS BRETONS EN COLÈRE À PROPOS DE L?ÉCOTAXE REÇUS MARDI PAR JEAN-MARC AYRAULT
DES ÉLUS BRETONS EN COLÈRE À PROPOS DE L?ÉCOTAXE REÇUS MARDI PAR JEAN-MARC AYRAULT

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault rencontrera mardi les élus bretons après avoir reçu lundi les propositions de ses ministres chargés de trouver des réponses à la colère des manifestants qui réclament l'abrogation de l'écotaxe sur les poids lourds.

Les services du Premier ministre évoquent "une réunion pour échanger" mais n'ont pas précisé si Jean-Marc Ayrault annoncerait des mesures destinées à faire retomber la pression dans la région secouée par de violentes manifestations.

L'UMP, dont les dirigeants se sont relayés lundi pour dénoncer les revirements successifs du gouvernement sur le front fiscal et réclamer l'abrogation de l'écotaxe pourtant votée sous la précédente majorité, a indiqué qu'elle boycotterait cette réunion.

Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, a prévenu lundi qu'il était hors de question d'abandonner la mise en oeuvre au 1er janvier prochain de cette taxe qui vise à décourager les longs trajets polluants par camion et doit financer des infrastructures ferroviaires et fluviales.

"On ne peut pas revenir en arrière", a dit le ministre sur i>TELE, précisant qu'un abandon du projet coûterait 800 millions d'euros à la France sous la forme d'une indemnité pour l'entreprise en charge de collecter la taxe.

En outre, l'écotaxe est une mesure déjà acceptée par la France et prévue par une directive de l'Union européenne.

Stéphane Le Foll avait déjà fait dimanche une ouverture en direction des manifestants en annonçant qu'un abattement supérieur à celui de 50% déjà prévu pour l'écotaxe perçue en Bretagne constituait une "piste de réflexion".

En début de semaine, le gouvernement a annoncé que le caractère excentré de la Bretagne serait pris en compte, avec un abattement de moitié sur le taux kilométrique et l'exclusion du réseau taxable du principal axe routier entre l'est et l'ouest de la région, la RN 164.

AMÉNAGEMENTS DANS D'AUTRES RÉGIONS

Le ministre s'est montré ouvert à l'aménagement de la taxe dans d'autres régions françaises mais n'a pas souhaité détailler ses propositions.

"C'est au Premier ministre de décider", a-t-il dit alors qu'au sein même du Parti socialiste des élus réclament un geste fort.

Le député PS du Finistère, Jean-Jacques Urvoas, a ainsi renouvelé lundi son appel pour ajourner de quelques mois l'écotaxe en Bretagne et certaines associations patronales veulent également repousser la mesure.

"Dans un contexte de croissance économique très faible et compte tenu des marges industrielles historiquement basses, le GFI demande au gouvernement de mieux considérer l'impératif de compétitivité de l'industrie en ajournant la mise en application de l'écotaxe poids lourds", a déclaré dans un communiqué Le Groupe des Fédérations industrielles (GFI).

Pour les écologistes, qui tiennent beaucoup à ce mécanisme, le gouvernement ne peut pas renoncer.

"On instrumentalise l'écotaxe, c'est le modèle agricole et d'élevage en Bretagne qui n'est pas le bon", a déclaré sur BFMTV Pascal Durand, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, tout en se disant ouvert à une adaptation.

Le gouvernement tente de déminer ce dossier avant une nouvelle manifestation des agriculteurs et des éleveurs bretons samedi prochain à Quimper, après les violents affrontements avec les forces de l'ordre de dimanche dans le Finistère.

"LEVONS L'ÉCOTAXE, APRÈS NOUS DISCUTERONS"

Le député UMP des Côtes-d'Armor Marc Le Fur a déclaré qu'il ne se rendrait pas à cette réunion, réclamant la levée de l'écotaxe.

"Levons l'écotaxe et après nous discuterons, nous considérons également que tout cela se passe maintenant au niveau du président de la République, il faut qu'il s'exprime", a dit le député breton sur BFMTV, évoquant un impôt "stupide".

Interrogé sur le coût de 800 millions d'euros d'un abandon du projet, qui avait été engagé par le précédent gouvernement soutenu par l'UMP, il a déclaré:

"Ne cherchons pas de fausses raisons. Aujourd'hui, il y a un ras-le-bol fiscal de l'ensemble des Français. Il se trouve que cela prend une dimension toute particulière en Bretagne."

Également membre de l'opposition, le député UDI Thierry Benoit a en revanche déclaré qu'il participerait à cette réunion pour trouver des solutions communes aux difficultés de la péninsule.

"Seule l'union de l'ensemble des forces politiques nous permettra de redresser la situation économique et industrielle de la région Bretagne", a dit l'élu d'Ille-et-Vilaine dans un communiqué.

La mise en place de l'écotaxe intervient au mauvais moment en Bretagne, dans un contexte de crise économique qui met à mal le secteur agroalimentaire. Près de 75% des Bretons s'y disent opposés, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France.

Beaucoup de manifestants ont évoqué l'impact des difficultés du groupe volailler Doux ou la fermeture de l'abattoir de porcs Gad de Lampaul-Guimiliau sur l'ensemble de l'économie régionale.

Julien Ponthus, avec Marion Douet et Emile Picy, édité par Pascal Liétout

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  • paspad le mardi 29 oct 2013 à 06:41

    Ce ne sont pas les élus qui sont en colère, mais le peuple de Bretagne et de France !!

  • M9323787 le lundi 28 oct 2013 à 20:14

    et ces caciques vivent dans l'opulence, avec des traitements, des retraites et des régimes fiscaux scandaleux qu'ils se votent eux-mêmes, comme notre parlement en France, sans se soucier de la plèbe qu'ils méprisent et ignorent.

  • M9323787 le lundi 28 oct 2013 à 20:11

    raz le bol de cette Europe et de ses caciques qui décident de tout sans se soucier de l'intérêt des peuples tout en nous plongeant dans le désert économique en levant toutes les barrières douanières, pis en ouvrant encore plus grandes les portes par des accords commerciaux internationaux qui n'avantagent que les pays de négriers, d'esclavagistes, au nom du libre échange et du commerce international (Pascal Lamy en est un bon exemple)