Jean-Marc Ayrault promet un redressement sans austérité

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Jean-Marc Ayrault promet un redressement sans austérité
Jean-Marc Ayrault promet un redressement sans austérité

par Julien Ponthus et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a présenté mardi la "feuille de route" de son action gouvernementale, construite autour d'un "redressement dans la justice" promis sans austérité et fidèle aux promesses électorales de François Hollande.

Dans un discours de politique générale d'une heure et quarante minutes au ton ferme et offensif mais sans surprise, le Premier ministre a invité les Français à "retrouver confiance en (leur) destin" malgré une "crise sans précédent".

"Je revendique le sérieux et la responsabilité budgétaires. Je veux la justice fiscale. J'appelle à l'effort national. Mais je refuse l'austérité", a-t-il souligné, présentant comme acquis un redressement significatif des finances publiques pour 2013 que d'aucuns jugent extrêmement difficile à mettre en oeuvre.

Jean-Marc Ayrault a officiellement révisé à la baisse les prévisions de croissance du gouvernement, qui table désormais sur une croissance du PIB de 0,3% en 2012 et 1,2% en 2013 contre 0,5% et 1,7% prévu dans le programme de François Hollande.

L'exécutif socialiste veut revenir à l'équilibre fin 2017, ce qui serait une première pour un gouvernement français depuis 1974. Le déficit était de 5,2% l'an dernier.

"Le redressement prendra du temps, ce sera difficile mais nous réussirons", a promis Jean-Marc Ayrault.

Concentré sur les affres intérieures d'un pays à qui il a déclaré sa flamme - "Comme vous, j'aime la France" -, Jean-Marc Ayrault n'a consacré à l'Europe qu'une seule page sur les 21 que comptait son discours.

De la séparation des activités d'investissements et spéculatives des banques, des 150.000 emplois d'avenir en passant par la baisse de la part du nucléaire dans la production d'électricité et le relèvement du Livret A, le chef du gouvernement a confirmé les propositions électorales de François Hollande.

"AUCUNE AGENCE NE NOTERA NOTRE RÊVE"

Au chapitre des réformes sociétales, Jean-Marc Ayrault a confirmé le projet de proposer le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant en situation régulière depuis au moins cinq ans.

Le droit au mariage et à l'adoption pour les personnes de même sexe est quant à lui annoncé pour le premier semestre 2013.

Au-delà des trains de mesures, Jean-Marc Ayrault s'est présenté en rupture, sur le fond comme sur la forme, avec le précédent exécutif, même s'il s'est défendu de vouloir "lancer un débat sur l'héritage".

Sous les yeux de son prédécesseur, l'UMP François Fillon, désormais député de Paris, il s'est livré à une critique en creux du précédent gouvernement conservateur par des formules telles que "Fini le temps des sommets spectacles" ou "On ne combat pas l'inertie par l'agitation".

"La tentation de tout pouvoir est d'aller vite. D'imposer sa marque dès les premières heures. De tout réaliser en cent jours comme si plus rien ne devait être possible ensuite", a fait valoir l'ancien député-maire de Nantes.

A la tête d'un gouvernement ayant réservé une place de choix aux femmes et à la diversité, Jean-Marc Ayrault s'est aussi posé en réconciliateur d'une France multiple, qui "aime l'idée que la Nation française soit fondée sur le désir de lui appartenir plus que sur la naissance".

Alors que François Hollande s'était présenté pendant sa campagne en "adversaire" de la finance, Jean-Marc Ayrault a affirmé qu'il n'était "pas l'ennemi de l'argent".

Mais c'est aux marchés, et plus spécialement aux agences de notation, qu'il a fait référence en conclusion de son discours, affirmant que les valeurs de la France n'avaient "pas de prix".

"Aucune agence ne notera jamais notre rêve, parce qu'il ne relève que de votre confiance et de celle des Français", a-t-il dit avant de solliciter la confiance des députés lors d'un vote lui aussi sans surprise, les socialistes et leurs alliés disposant de la majorité absolue à l'Assemblée.

L'Assemblée nationale a, sans surprise, accordé mardi sa confiance au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, après son discours de politique générale, avec 302 voix pour, sur 527 suffrages exprimés.

Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Patrick Vignal

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  • M140210 le mercredi 4 juil 2012 à 06:34

    Toujours pareil avec les socialo-communiste, on enjolive, on emballe, et on bai.se tout le monde car entre rêve et réalité il y a toujours le même fossé. Ben dans deux ans on fera machine arrière comme en 1983. A soupoudrer en permanence il n'y aura bientôt plus de sucre

  • janaliz le mardi 3 juil 2012 à 21:21

    J'n'suis p

  • bordo le mardi 3 juil 2012 à 20:59

    J'adore les socialistes : meu non, ce n'est pas de l'austérité, c'est du bonheur ! meu non ce n'est pas un coup de pied au derrière, c'est une motivation supplémentaire gracieusement distribuée. C'est çà le socialisme : enchanter le quotidien. Et Ayrault c'est Merlin !

  • M6920174 le mardi 3 juil 2012 à 19:29

    La solution Mer Ayrault déposer le bilan avant de tout , et aprés vendre la France au QUATAR . Sinon dans 25 ans nous en serons toujours au même point !!!!!!

  • gde-lamb le mardi 3 juil 2012 à 19:17

    La méthode socialiste n'a pas changé et la composition de l'Assemblée Nationale à base de profs et de fonctionnaires de tout poil c'est toujours la même chose ! On confie à des ignorants de la vie et des affaires le soin de voter les lois, c'est sans doute cela qu'ils appellent l'efficacité. Le pauvre Ayrault qui n'est pas trop à l'aise dans ses baskets va devoir travailler avec ces incapables et ça promet des beaux résultats....

  • M7524878 le mardi 3 juil 2012 à 19:08

    Rebelote comme en 1981et dire qu'ils niaient la crise, qu'ils applaudissaient les agences de notation pour critiquer SarkozyIls nous prennent vraiment pour des idiotsVive la pauvre France

  • jfvl le mardi 3 juil 2012 à 18:51

    eh oui c'est un prof qui gouverne !

  • LeRaleur le mardi 3 juil 2012 à 18:46

    La bonne blague sosialo.

  • M3435004 le mardi 3 juil 2012 à 18:38

    "AUCUNE AGENCE NE NOTERA NOTRE RÊVE" Mais pour les français, c'est le cauchemar qui commence.

  • M3435004 le mardi 3 juil 2012 à 18:37

    Ce qui est prévisible, c'est une déroute économique de la France. Avec un diagnostic qui renvoit sur Sarkozy tous les malheurs de la France en niant les réalités de la crise ; Avec des recettes éculées d'inspiration idéologiques qui n'ont rien à voir avec l'économie, ce Monsieur, ne pourra rien faire pour résoudre la crise. Tout laisse penser qu'il va l'aggraver.