Jean-Marc Ayrault peaufine l'opération rassemblement de la majorité

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JEAN-MARC AYRAULT RENCONTRE DÉPUTÉS ET SÉNATEURS PS
JEAN-MARC AYRAULT RENCONTRE DÉPUTÉS ET SÉNATEURS PS

par Emile Picy

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a prolongé mardi l'exercice de rassemblement de la majorité entamé la veille par François Hollande avant une rentrée délicate pour l'exécutif, notamment sur la réforme des retraites et le budget 2014.

Le chef du gouvernement a rencontré les députés et sénateurs socialistes quelques heures après avoir participé lundi à un dîner à l'Elysée avec les chefs du PS, d'Europe Ecologie-Les Verts, du Mouvement progressiste, du Parti radical de gauche et du Mouvement républicain et citoyen.

François Hollande doit recevoir ce mardi Pierre Laurent, le numéro un du Parti communiste pour l'appeler à faire preuve de plus de solidarité, même s'il ne fait pas partie de la majorité.

Cette séquence vise à resserrer les rangs sur toute une série de dossiers qui ont valu ces derniers mois des reproches au gouvernement, avec la préoccupation majeure que constituent les rendez-vous des municipales et des européennes en 2014.

"Il ne s'agit pas de proclamer la discipline, il faut surtout pratiquer la solidarité", a déclaré Jean-Marc Ayrault à son arrivée à la réunion avec les parlementaires socialistes, tout en minimisant les tensions qui agitent la majorité.

"Depuis plus d'un an que je suis chef du gouvernement, je dois dire que l'essentiel des projets (...) ont été largement votés par la majorité, ce qui compte c'est ça, le reste ce sont des péripéties de la vie politique."

"DIALOGUER EN PERMANENCE"

Le Premier ministre s'est engagé à améliorer la concertation avec les partis qui la composent, comme le montre la décision prise lundi soir de créer un comité de liaison à la rentrée.

"C'était de bon niveau, et je crois que c'est nécessaire à intervalles réguliers", a-t-il estimé, précisant que son travail était de "diriger le gouvernement mais aussi de dialoguer en permanence avec les différents groupes parlementaires".

Une manière de souligner son rôle de chef de la majorité, que François Hollande semble vouloir lui aussi endosser.

Les participants à ces deux rencontres se sont déclarés prêts à faire preuve de solidarité, avec des nuances toutefois.

Sans surprise, le PS a affiché sa volonté d'unité.

"Chaque fois que la majorité fait bloc, elle fait avancer le changement, chaque fois qu'elle se divise elle alimente le scepticisme", a dit mardi Annick Lepetit, porte-parole du groupe PS, lors du point de presse hebdomadaire du groupe.

"Au fond, il n'y a pas en réalité de politique alternative proposée en notre sein mais plutôt des débats sur des points d'équilibre sur les dosages", a-t-elle ajouté.

Elle reconnaît toutefois que le gouvernement et sa majorité n'ont "pas réussi à créer cet élan collectif qui aurait permis sans doute de surmonter plus facilement les difficultés".

"Nous en avons conscience mais nous savons que toutes les réformes que nous avons commencé à entreprendre sont difficiles (...), ce ne sont pas des réformes pour la réforme", a dit Annick Lepetit.

La veille, Pascal Durand, le patron d'EELV, était intervenu dans le même sens après le dîner de l'Elysée.

"Nous n'avons pas masqué nos différences mais chacun autour de la table souhaite la réussite de cette majorité", avait-il dit.

UNE MAJORITÉ MALMENÉE

Pour un autre participant, il ne s'agit pas de dire oui à toutes les propositions du gouvernement.

"François Hollande sait parfaitement là où ça coince dans une majorité qui s'est sentie un peu malmenée, parfois méprisée", a-t-il expliqué cette source. "Ce n'est pas parce qu'on a appelé à voter pour François Hollande l'an dernier qu'on doit voter aveuglément au Parlement !"

Les tensions les plus fortes ont porté ces derniers mois sur le nucléaire, la transition énergétique et le budget du ministère de l'Ecologie - marqué par l'éviction du gouvernement Delphine Batho - qui ont conduit les Verts au bord du clash.

Les Radicaux de gauche ont refusé pour leur part de voter la transparence ou le non-cumul des mandats tandis que d'autres partenaires considèrent que la barre n'est pas assez à gauche, un sentiment partagé par l'aile gauche du PS.

La préparation des élections municipales a également suscité des remous au sein de la majorité.

Au lendemain de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, où le candidat socialiste a été éliminé au premier tour au profit du Front national, plusieurs dirigeants socialistes ont attribué cet échec à la division de la gauche.

Avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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  • M8942153 le mardi 23 juil 2013 à 14:40

    Parfait ! qu'il ramasse tout ce qui traîne sur le sol Français, à défaut de créer des emplois, il y a une multitude de gueux pour trouver de nouvelles taxes.