Jean-Marc Ayrault face aux critiques des patrons de PME

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JEAN-MARC AYRAULT FACE AUX CRITIQUES DES PATRONS DE PME
JEAN-MARC AYRAULT FACE AUX CRITIQUES DES PATRONS DE PME

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a tenté mardi de convaincre les dirigeants de petites et moyennes entreprises du bien-fondé de sa politique face à des patrons critiquant une fiscalité élevée, le niveau des dépenses publiques et la future réforme des retraites.

Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, a salué lors du salon Planète PME certaines mesures prises depuis l'élection de François Hollande à l'Elysée, dont le crédit d'impôt compétitivité (CICE) et la création de la Banque publique d'investissement (BPI).

"Mais ces mesures, si utiles soient-elles, ne suffiront pas", a dit le responsable patronal en s'adressant au Premier ministre.

"Nous n'échapperons pas à une véritable réforme du financement de la protection sociale pour amorcer une baisse structurelle du coût du travail", un sujet qui n'est pas à l'agenda rapproché du gouvernement, a-t-il ajouté.

"Charger la barque de nos entreprises n'est plus possible", a poursuivi Jean-François Roubaud. "Les marges des entreprises sont au plus bas depuis 25 ans et, dans le même temps, la situation des finances publiques pèse sur le moral des chefs d'entreprise qui se voient chaque jour mis à contribution."

Comme la présidente du Medef, Laurence Parisot, plus tôt mardi, il a critiqué les orientations prises pour la réforme des retraites annoncée pour l'automne.

Il a jugé que les différences de calcul des pensions entre fonctionnaires et salariés du privé n'étaient plus acceptables, et il a plus largement jugé "incompréhensible" l'augmentation des effectifs de la fonction publique, déclenchant sur ces deux points les applaudissements du parterre de chefs d'entreprise.

"N'AYEZ PAS PEUR", DIT AYRAULT

Jean-Marc Ayrault lui a répondu en citant les réformes entreprises : le CICE et la BPI mais aussi la suppression "d'ici septembre" de l'indicateur 040 stigmatisant les entrepreneurs ayant fait faillite ou plusieurs mesures de simplification.

Il a invité les entreprises à utiliser les contrats aidés mis en place par son gouvernement : les "emplois d'avenir" et les "contrats de génération", et a cité la réforme du marché du travail permise par l'accord trouvé en janvier par les partenaires sociaux.

"On ne réussira rien et on ne réussira pas à redresser la situation de l'emploi sans les entreprises", a ensuite déclaré le Premier ministre à des journalistes.

Interrogé sur l'inquiétude des dirigeants de PME sur la fiscalité, notamment sur une possible hausse des cotisations de retraite, il a répondu : "Il ne faut pas avoir peur avant que les décisions soient prises."

"Ce qui est important, c'est de veiller en permanence à un équilibre dans les décisions et je sais parfaitement qu'il faut veiller à la compétitivité de nos entreprises", a-t-il ajouté, en soulignant que le dialogue sur les retraites commencerait ces jeudi et vendredi à la conférence sociale.

Selon le baromètre CGPME-KPMG publié lundi, 89% des chefs de PME françaises se disent inquiets pour l'économie du pays, dont 32% "tout à fait inquiet" contre 23% trois mois plus tôt.

Plus d'un sur deux (57%) disent faire face à une baisse de leur chiffre d'affaires, un niveau au plus haut depuis juin 2010, et 57% se disent inquiets pour leur propre activité contre 53% en mars.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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