Jean-Marc Ayrault défend sa méthode devant le PS

le
0
JEAN-MARC AYRAULT DÉFEND SA MÉTHODE À LA ROCHELLE
JEAN-MARC AYRAULT DÉFEND SA MÉTHODE À LA ROCHELLE

par Gérard Bon

LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a appelé samedi les socialistes à la mobilisation pour "réussir le changement" et expliqué qu'il ne voulait pas, par une précipitation excessive, être contraint de devenir le Premier ministre de l'austérité.

Invité par les jeunes du PS à l'université d'été de La Rochelle, le chef du gouvernement a promis en outre le mariage et l'adoption pour les homosexuels.

"N'ayons pas peur de faire franchir une nouvelle étape au progrès. En 2013, le mariage et l'adoption seront ouverts à tous les couples", a-t-il assuré.

Jean-Marc Ayrault a longuement défendu sa méthode, consistant à allier mesures d'urgence, concertation et travail en profondeur.

"Je ne veux pas, parce qu'on aurait fait des erreurs ou parce qu'on aurait agi au coup par coup, être dans quelques mois ou dans un an le Premier ministre qui sera obligé de décréter l'austérité", a-t-il dit.

"Je ne veux pas être le Premier ministre du tournant de l'austérité", a-t-il insisté en réponse aux impatiences qui se manifestent à gauche, trois mois après le retour du PS au pouvoir.

Accueilli un peu plus tôt sur les quais du port de la Rochelle par la première secrétaire Martine Aubry, Jean-Marc Ayrault est arrivé en "guest-star" à l'espace Encan, qui accueille les travaux des socialistes.

En jean et chemise blanche, le Premier ministre, qui veut incarner une autorité tranquille, a ensuite répondu aux questions de jeunes socialistes.

Il a d'emblée réaffirmé son engagement "d'inscrire la gauche dans la durée" et d'instaurer "une gauche durable" qui, certes, "agit sur les urgences" mais qui "transforme aussi la société en profondeur".

"LE TRAITÉ, C'EST UNE ÉTAPE"

Jean-Marc Ayrault a également plaidé pour le traité européen, qui est contesté par l'aile gauche du PS et ses alliés écologistes.

"Toute la construction européenne a été l'affaire de compromis successifs. Est-ce que les lignes ont bougé ? Moi, je vous dis que oui, les lignes ont profondément bougé", a-t-il dit. "Le traité, ce n'est pas l'alpha et l'oméga, c'est une étape, il faut qu'il y en ait d'autres".

Le chef du gouvernement a appelé les socialistes à soutenir le traité "non par esprit de discipline", mais parce que "tout affaiblissement" de l'action de François Hollande pour faire bouger l'Europe "mettrait la France en situation plus difficile".

"Après l'élection présidentielle, beaucoup de pays se sont tournés vers nous pour dire 'on compte sur vous, on compte sur la France' et c'est vrai, pas seulement des Grecs, des Espagnols", a-t-il dit.

Il a également défendu la poursuite du démantèlement des camps de Roms, un sujet très contesté à gauche, en affirmant que l'inaction conduirait à faire monter le racisme.

"Si on ne fait rien, si une décision de justice n'est pas exécutée, vous faites monter le racisme, vous faites monter le rejet de l'autre", a-t-il dit.

Le Premier ministre a rappelé avoir pris des mesures d'accompagnement la semaine dernière tout en restant ferme sur l'application des décisions de justice.

"Une approche ferme, une approche légale, une approche humaine, une approche sociale et une approche européenne où chacun doit prendre ses responsabilités", a-t-il martelé.

édité par Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant