Jean-Marc Ayrault chiche en propositions face aux patrons

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JEAN-MARC AYRAULT CHICHE EN PROPOSITIONS FACE AUX PATRONS
JEAN-MARC AYRAULT CHICHE EN PROPOSITIONS FACE AUX PATRONS

par Jean-Baptiste Vey

JOUY-EN-JOSAS, Yvelines (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a promis mercredi aux chefs d'entreprise de restaurer la compétitivité de l'économie française, sans donner de précisions sur ce thème qui concentre pourtant une bonne partie des critiques de la politique économique du gouvernement.

En ouvrant l'université d'été du Medef, le Premier ministre a seulement répété que la réforme du financement de la protection sociale se ferait l'an prochain "sans tabou".

Il a aussi encouragé les partenaires sociaux à accélérer la négociation sur la sécurisation de l'emploi, dont un élément fait débat: l'éventuelle possibilité d'établir des accords dits de compétitivité-emploi pour adapter les horaires et les salaires à la charge de travail dans l'entreprise.

"Nous ne faisons pas semblant d'aller mal pour obtenir" quelque chose, a dit la présidente du Medef, Laurence Parisot, en accueillant Jean-Marc Ayrault à l'université d'été de l'organisation patronale, à Jouy-en-Josas (Yvelines).

"Il est urgent de travailler sur la compétitivité-coûts en repensant le financement de notre protection sociale", a-t-elle ajouté. "Il est urgent d'améliorer la compétitivité hors-coûts, en introduisant de la souplesse et de la lisibilité pour l'entreprise et de la sécurité pour les salariés."

Jean-Marc Ayrault lui a répondu que la "responsabilité" de la France était "de redevenir durablement compétitifs".

"Pour le gouvernement, il ne s'agit pas d'ajouter de nouveaux freins à la conduite des entreprises", a-t-il ajouté.

Mais il est resté muet sur les hausses des prélèvements qui figureront dans le futur projet de budget 2013, qui inquiètent les chefs d'entreprise. Le gouvernement devra trouver l'an prochain une grosse trentaine de milliards d'euros pour ramener le déficit public à 3% du PIB fin 2013 contre 4,5% fin 2012.

FAIBLESSE DES MARGES

Dans son discours, le chef du gouvernement a confirmé que la réforme du financement de la protection sociale était le levier quasi unique sur lequel travaillait le gouvernement pour baisser les coûts des entreprises.

Ces dernières ne cessent de l'alerter sur la faiblesse de leurs marges par rapport à leurs concurrentes étrangères. Et elles ont déploré l'abandon de la "TVA sociale" votée à la toute fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy qui visait précisément à alléger leurs coûts, en déplaçant du travail vers la TVA le financement de solidarité familiale.

Pour étoffer ses mesures sur la compétitivité-coûts, le gouvernement attend les propositions du rapport que lui remettra Louis Gallois début octobre. "Je suis sûr qu'elles seront pour certains d'entre elles audacieuses", a dit Jean-Marc Ayrault.

La remise de ce rapport sera suivie, dans la deuxième quinzaine d'octobre, d'un séminaire intergouvernemental pour analyser ces propositions "et prendre des décisions", a dit le Premier ministre.

"Nous avons apprécié la visite et le discours du Premier ministre, il a repris nos thèmes importants: la compétitivité et l'Europe", a dit Laurence Parisot à des journalistes.

"Mais nous ne pouvons pas nous contenter de ce discours", a-t-elle ajouté. "Il faut absolument que dans les semaines qui viennent, il y ait pour la France un budget pro-entreprises, qui n'augmente pas les charges, qui permette de financer les entreprises et qui commence à amorcer une baisse des prélèvements obligatoires qui pèsent sur les entreprises".

SATISFACTION ET IMPATIENCE

Des chefs d'entreprise interrogés par Reuters ont fait part de leur satisfaction. Et de leur impatience.

"Il fallait rétablir une confiance réciproque, c'est très important symboliquement qu'il soit venu. Maintenant, on attend les actes", a dit Marie-Christine Oghly, qui dirige Enginsoft, une entreprise de logiciels.

"Certains peuvent être déçus du manque d'annonces", a dit Bruno Lucas, chef d'une entreprise de bâtiment dans la Mayenne. "Mais on ne s'attendait pas non plus à ce qu'il annonce une baisse des charges ou quelque chose sur la TVA ou la CSG, d'autant qu'on est en période de négociations."

Jean-Marc Ayrault a également souligné que les entreprises françaises ne pourraient prospérer que lorsque la crise de la zone euro sera résolue.

"Notre priorité est de rétablir un environnement stable en Europe pour que nos entreprises puissent pleinement et durablement profiter du grand marché unique que nous avons bâti avec nos partenaires depuis un demi-siècle", a-t-il dit.

"Pour ce qui concerne la France, il nous faut renforcer encore davantage la crédibilité financière de notre pays. Sans cette confiance, les réformes les plus ambitieuses portent difficilement leurs fruits. C'est pourquoi, nous avons fait clairement le choix du sérieux budgétaire en mettant en oeuvre le redressement de nos comptes publics", a-t-il ajouté.

Il a réaffirmé les objectifs de réduction des déficits qui, selon lui, rassurent les marchés et permettent aux entreprises comme aux ménages d'emprunter à bas coût.

"Il a confirmé le 3%, c'est très important", a dit Etienne Bernard, de Bernard Associés, une entreprise aéronautique. "Mais il est plus inquiétant quand il dit que le rétablissement budgétaire se fera à moitié sur les recettes et à moitié sur les dépenses. On aimerait bien que les économies commencent tout de suite."

Edité par Yves Clarisse

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  • nandfer le mercredi 29 aout 2012 à 21:06

    sur la photo , il a l'air d'un con..content, qui prend les autres pour des imbéciles et qui dit n'importe quoi, car de toute façon il s'agit uniquement de noyer le poisson,

  • gde-lamb le mercredi 29 aout 2012 à 17:25

    Sur la photo de quoi a-t-il l'air ?

  • bigot8 le mercredi 29 aout 2012 à 17:17

    sans donner de précisions sur ce thème ! la spécialité des socialosfonctionnairenarques...bla bla bla et on ne fait rien