Jean-Marc Ayrault appelle les élus socialistes à assumer

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LE PREMIER MINISTRE JUSTIFIE LES HAUSSES D'IMPÔTS
LE PREMIER MINISTRE JUSTIFIE LES HAUSSES D'IMPÔTS

par Julien Ponthus et Elizabeth Pineau

BORDEAUX/PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a exhorté mardi les parlementaires socialistes à faire bloc derrière lui et à chasser les doutes qui s'immiscent dans leurs rangs face à l'impopularité que suscite la politique de son gouvernement, à six mois des municipales.

Le Premier ministre a appelé ses troupes à assumer pleinement les choix fiscaux de son équipe au moment où de nombreux édiles socialistes craignent de faire les frais du supposé "ras-le-bol fiscal" des Français en mars prochain.

"J'assume d'avoir été obligé d'augmenter les impôts", a-t-il dit à des centaines d'élus rassemblés lors des journées parlementaires du Parti socialiste à Bordeaux.

"Redresser les comptes publics, cela ne fait rêver personne", a reconnu le Premier ministre, qui a rappelé que la priorité de son gouvernement, lors de son entrée en fonction, avait été d'éviter une attaque spéculative sur la dette. "Pour encadrer la finance, il ne faut pas en être l'otage."

L'ancien maire de Nantes a appelé les élus à défendre le caractère progressiste des réformes engagées, notamment celle des retraites, et a brandi la menace d'une "révolution conservatrice" en cas de division de la gauche.

"La menace existe d'une révolution conservatrice en France et le retour d'une droite réactionnaire qui n'aura pour seule priorité que de détruire notre modèle social, républicain, laïc et démocratique", a-t-il jugé.

Le chef du gouvernement a promis des résultats rapides.

"Nous serons jugés sur nos résultats mais ces résultats, ils sont à notre portée", a dit Jean-Marc Ayrault qui s'est engagé à concrétiser la promesse de François Hollande d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année.

"Les choses sont en train de bouger et cela va marcher", a-t-il encore lancé d'un pupitre sur lequel était écrit le mot d'ordre du rassemblement des parlementaires "Oui, ça change!".

INQUIÉTUDE AVANT LES MUNICIPALES

Jean-Marc Ayrault répondait aux parlementaires du PS qui s'inquiètent à l'approche des élections municipales et européennes, demandant de faire cesser les "couacs" au sein du gouvernement, notamment sur la "pause fiscale" annoncée par François Hollande pour 2014 et par Jean-Marc Ayrault pour 2015.

François Rebsamen, président du groupe PS au Sénat, a demandé plus de clarté dans les explications. "On a un devoir de pédagogie. Les Français voient s'aligner les réformes et n'en comprennent pas toujours le sens. Si nous le faisons nous retrouverons la confiance des Français", a-t-il déclaré.

Une députée socialiste témoigne de l'exaspération des Français, qu'elle dit avoir constaté dans sa circonscription.

"Les gens en ont ras-le-bol des impôts. Ils ont l'impression de ne pas avoir été prévenus, ils disent qu'ils ne voteront plus jamais socialiste", prévient-elle. "Les gens ont voté pour le changement, pas pour une bonne gestion du pays".

Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a demandé plus de cohésion de la majorité, citant le budget et le non-cumul des mandat, qui la divisent profondément. "Arrêtons de critiquer nos propres réformes sitôt qu'elles voient le jour", a-t-il dit.

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici s'est aussi montré conciliant et a promis que députés et sénateurs socialistes pourraient mettre leur patte au budget 2014, qui sera présenté mercredi en conseil des ministres.

"Nous sommes à votre disposition, chers camarades", a dit le ministre alors que des parlementaires veulent que le gouvernement revienne sur la suppression de l'abattement dont bénéficient les contribuables dont les enfants sont scolarisés.

Une source gouvernementale indique que l'exécutif est disposé à ce que les parlementaires utilisent leur droit d'amendement.

"Un projet de loi de finances sort du Parlement avec le même équilibre final, c'est absolument essentiel, mais après il y aura des choses qui bougeront dans la discussion parlementaire, c'est le cas chaque année", expliquait cette source sans se prononcer sur le fond de cette niche fiscale.

Avec Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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  • A4DF14 le mardi 24 sept 2013 à 19:01

    trop peur de perdre leur pouvoir régional et d'être obligé de retourner vivre avec Bobonne sans la carte de crédit illimitée

  • M601364 le mardi 24 sept 2013 à 18:23

    1800 d'après Monte bourg

  • M601364 le mardi 24 sept 2013 à 18:23

    600 milliards de dettes de l'ancien gouvernement il faut assurer maintenant !!!!!!!!

  • frk987 le mardi 24 sept 2013 à 17:46

    A assumer sa nullité.....certes ils doivent être enchantés.

  • M6749774 le mardi 24 sept 2013 à 17:38

    Il assume, ça veut dire quoi. Il est nul et n'aurait jamais dû occuper un tel poste. Il ne savait faire que critiquer et maintenant on voit bien qu'il ne sait rien faire de positif. Le remaniement est urgent.

  • dgui2 le mardi 24 sept 2013 à 17:10

    ---"Une source gouvernementale indique que l'exécutif est disposé à ce que les parlementaires utilisent leur droit d'amendement"---- En somme, le gvt ACCEPTE que les Députés et Sénateurs (les élus du Peuples) OSENT donner leur avis. Dans quel monde vivons-nous ?

  • gjack le mardi 24 sept 2013 à 17:08

    le problème n'est plus de savoir s'ils vont se ramasser une tôle aux prochaines elections, c'est de savoir si on ne va pas échanger un cheval borgne contre un aveugle car tant que nos politiques seront puisés dans le même vivier, nous revivrons encore et encore les mêmes situations, seule la forme change. Commençons par interdire les cumuls pour faire rentrer du sang neuf, privilégions l'expérience aux diplômes et les choses commenceront à changer

  • M7403983 le mardi 24 sept 2013 à 16:46

    Une partie de la vérité est dans l'article ci-dessus : Une députée socialiste témoigne de l'exaspération des Français,.... "Les gens en ont ras-le-bol des impôts... ils disent qu'ils ne voteront plus jamais socialiste", prévient-elle. " Les gens ont voté pour le changement, pas pour une bonne gestion du pays". Donc une députée Socialo "bien payée de surcroit" rappelle que "des gens" n'ont pas voté pour une bonne gestion, mais pour continuer la gabegie !! au secours Angela !!!

  • KAFKA016 le mardi 24 sept 2013 à 16:28

    Banque de France: plus de 60 000 entreprises ont disparu entre juin 2012 et juin 2013.

  • KAFKA016 le mardi 24 sept 2013 à 16:26

    Les 400 000 Français installés de l'autre côté de la Manche rigolent bien !!!! il me tarde de les rejoinder!!!!