Jean-Marc Ayrault à Marseille pour y annoncer un plan d'aide

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UNE SÉRIE DE MESURES D'URGENCE POUR LA FUTURE MÉTROPOLE AIX-MARSEILLE-PROVENCE
UNE SÉRIE DE MESURES D'URGENCE POUR LA FUTURE MÉTROPOLE AIX-MARSEILLE-PROVENCE

MARSEILLE (Reuters) - Jean-Marc Ayrault sera vendredi à Marseille pour annoncer une série de mesures d'urgence pour la future métropole Aix-Marseille-Provence, qui fait la part belle à une ville que les socialistes espèrent remporter lors des municipales de 2014.

Le Premier ministre dévoilera notamment une contribution de l'Etat de 2,5 milliards d'euros jusqu'en 2030 pour le chantier de la nouvelle gare Saint-Charles, a-t-on appris jeudi de source gouvernementale, confirmant une information de RTL.

Jean-Marc Ayrault, qui annoncera également des mesures en faveur de l'éducation et le logement, espère ainsi convaincre les récalcitrants d'accepter le projet de métropole, dont la mise en place en janvier 2016 continue de provoquer des remous chez de nombreux élus, surtout à l'extérieur de Marseille.

"La métropole doit être effective le 1er janvier 2016, beaucoup sont favorables, c'est aussi une forte attente des milieux économiques", a-t-on déclaré dans son entourage.

Le chef du gouvernement sera accompagné de cinq ministres, mais pas de celui de l'Intérieur, Manuel Valls.

Le volet sécuritaire, explique-t-on à Matignon, a été déjà traité au mois d'août par l'annonce de renforts policiers -- 24 investigateurs de la police judiciaire et une nouvelle compagnie de CRS pour lutter contre la violence endémique.

Jean-Marc Ayrault a pris soin de consulter largement pour tenter d'aplanir un terrain qui s'est révélé particulièrement glissant dans un passé récent, y compris dans la majorité.

Le développement des transports en commun dans les quartiers nord de Marseille devrait ainsi convenir à la sénatrice socialiste Samia Ghali, longuement reçue mardi à Matignon.

"STRATÉGIE GLOBALE"

La finaliste malheureuse de la primaire d'investiture du PS à Marseille avait été particulièrement critique à l'égard du Premier ministre durant la campagne, assujettissant son ralliement au vainqueur Patrick Mennucci à un soutien financier du gouvernement à la deuxième ville de France et à une "prise en compte de la fracture Nord-Sud" de la ville.

L'élue des quartiers nord a qualifié de "positif" son entretien avec le chef du gouvernement, qui a aussi vu quatre des cinq autres ex-candidats de la primaire.

Jean-Marc Ayrault a également reçu mercredi une délégation des maires du département largement hostiles à la création de la métropole, sans les faire changer d'avis.

Plus d'un an après son annonce d'une "stratégie globale" pour faire de Marseille une métropole de dimension européenne et enrayer la violence, le Premier ministre se heurte toujours à l'hostilité des élus locaux qui ont bataillé ferme contre l'adoption de la loi actant sa création.

Il peine toujours à les convaincre de la nécessité de cette structure pour traiter les causes des problèmes qui freinent le développement économique de la deuxième ville de France.

LEVÉE DE BOUCLIERS

Accueilli avec bienveillance par les grands élus du territoire, le projet soulève une levée de boucliers chez les intercommunalités voisines peu enclines à partager leurs ressources fiscales et certaines compétences comme le logement ou le transport avec le parent pauvre que constitue Marseille.

Au total, 109 des 119 maires du département et cinq des six présidents des agglomérations concernées ont rappelé leur volonté de voir les communes placées au "centre des décisions".

"Sans les communes, la loi récemment votée, en force au parlement, restera impossible à appliquer, comme la réforme territoriale de Nicolas Sarkozy, qui ressemble, mot pour mot à celle de Jean-Marc Ayrault", prévient l'Union des maires du département dans un communiqué.

L'entourage de Jean-Marc Ayrault rappelle que la métropole n'affectera pas les compétences des communes "mais crée nouvelles possibilités pour les transports, les grands schémas d'aménagement", les permis de construire restant émis par les maires.

Les détracteurs de la métropole se disent prêts à un meilleur partage des compétences, mais pas des ressources fiscales. Ils réclament la suspension de la loi pour permettre la mise en place, par étapes, "d'une organisation territoriale représentative, efficiente et partagée".

La mise en place de la métropole provençale était initialement prévue au 1er janvier 2015, mais les difficultés rencontrées sur le terrain ont fait repousser la date d'un an.

Selon une étude de l'Insee dévoilée au mois d'octobre, la future métropole représente un territoire de 3.149 km2 et compte 1,83 millions d'habitants. Elle devrait atteindre les deux millions d'habitants à l'horizon 2040.

Avec Julien Ponthus à Paris, édité par Yves Clarisse

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