Jean-Luc Mélenchon se voit dans la cour des grands en 2012

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PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon a réussi à prendre la tête de la gauche antilibérale à cinq mois de l'élection présidentielle française et rêve d'une percée dans la cour des grands.

Il est parvenu pour l'heure à éclipser ses concurrents trotskystes et à distancer la candidate écologiste, Eva Joly.

Le candidat du Front de gauche est en effet solidement ancré à 7% ou 7,5% dans les sondages, un score auquel n'étaient plus habitués pour un scrutin présidentiel ses alliés communistes.

"Je suis convaincu que nous serons la surprise de cette élection", dit à Reuters Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche fondé par Jean-Luc Mélenchon, 60 ans, après le départ de ce dernier du Parti socialiste en 2008.

Ce proche met en avant l'ardeur du député européen sur le terrain, sa capacité à rassembler et, surtout, sa "parole claire", une allusion au flou entretenu aux yeux de la gauche radicale par le candidat socialiste François Hollande.

Jean-Luc Mélenchon se veut en effet clairement à gauche et dénonce la "logique de soumission" des principaux leaders socialistes aux règles du marché.

Il s'oppose également à la main récemment tendue par François Hollande aux centristes.

Face au bouillant député européen, qui a parfois des accents de tribun, les candidats du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et de Lutte ouvrière, Philippe Poutou et Nathalie Artaud, en sont réduits pour l'instant à faire de la figuration.

PRIME A L'UNITÉ

Aucun d'eux ne dépasse 1% dans les récents sondages, alors qu'en 2002, leurs prédécesseurs, Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, avaient totalisé près de 10% des voix au premier tour, un score marquant une exception française pour des trotskystes.

Le retrait de la populaire Arlette Laguiller puis du très médiatique facteur du NPA Olivier Besancenot n'expliquent qu'en partie cet effondrement, d'autant qu'ils avaient déjà été victimes de l'érosion de leur électorat en 2007, avec 1,33% et 4,08% des voix respectivement.

Jean-Luc Mélenchon, qui est plus compatible avec le PS que l'extrême gauche, semble en effet bénéficier du vote utile en ces temps de crise.

"Pour la première fois, il y a un regroupement significatif" à la gauche du PS, avance Alexis Corbière. "Il y a incontestablement une prime à l'unité."

Le responsable insiste sur le fait que Jean-Luc Mélenchon est totalement en campagne depuis des semaines et qu'il rencontre un réel succès sur le terrain.

"Il est celui qui rassemble le plus dans ses meetings, comme les 2.000 à 3.000 personnes" présentes la semaine dernière à Talence (Gironde), explique-t-il.

C'est d'ailleurs à Talence que Jean-Luc Mélenchon s'est fixé jeudi dernier pour objectif ambitieux de devancer le candidat PS. "Nous nous battons pour être en tête de la gauche. Je sais que, parfois, ça attire des sourires mais comment peut-on faire campagne autrement ?", a-t-il dit.

Parallèlement, le programme du candidat et du Front de gauche s'est vendu à 250.000 exemplaires.

Toute la difficulté pour Jean-Luc Mélenchon est de faire passer l'idée qu'il ne suffit pas de voter socialiste pour battre Nicolas Sarkozy.

"Nous voulons mettre la question sociale au coeur de la campagne", dit Alexis Corbière.

Selon lui, la campagne aborde "un moment qui va être dur" et beaucoup d'électeurs doutent et sont dans une situation de trouble", notamment à l'égard de François Hollande.

Jean-Luc Mélenchon a fait une "offre publique de débat" au candidat socialiste, insistant sur le fait que François Hollande est un "concurrent" et non un "adversaire" et qu'une telle rencontre serait la clé d'une victoire de la gauche en 2012.

Mais le dirigeant socialiste a répondu mardi qu'il n'était pas favorable à ce type de "confrontation" au sein de la gauche. "Je ne vais pas aller sur une estrade faire un duel avec (...) le candidat du Front de gauche", a-t-il dit sur France Inter.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • M1961G le mardi 6 déc 2011 à 17:29

    entre melenchon et le pen il n'ya pas de différence .ils ont tout simplement trente ans de retard.les enfants nous sommes en 2011.......il y'a les chinois , les indiens et même des cowboys alors....

  • dk5657 le mardi 6 déc 2011 à 16:02

    Melenchon devant Hollande cela serait une belle leçon !!!