Jean-Luc Mélenchon en "guest star" à la Fête de l'Humanité

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par Gérard Bon

LA COURNEUVE, Seine-Saint-Denis, 18 septembre, Reuters - Jean-Luc Mélenchon était ce week-end la vedette de la Fête de l'Humanité après avoir décroché il y a quelques mois la candidature du Front de gauche pour l'élection présidentielle.

Trois ans à peine après son départ du Parti socialiste, le député européen a dit se sentir "de plus en plus" chez lui au grand rassemblement communiste de La Courneuve (Seine-Saint-Denis).

Signe de son intronisation au sein de la gauche radicale, il devait monter dimanche sur la grande scène aux côtés de Patrick Le Hyaric, directeur du journal l'Humanité.

Auparavant, le virevoltant président du Parti de gauche, n'aura pas ménagé ses efforts pour séduire les visiteurs du "peuple de gauche", venus par dizaines de milliers au parc de La Courneuve.

Selon son service de presse, Jean-Luc Mélenchon dort sur place dans un camping-car.

Ses allées et venues au coeur de la Fête sont ponctuées d'incessantes poignées de main et embrassades.

Des militants du stand d'Orly le voyant passer entonnent l'Internationale et crient son nom. Aussitôt, Jean-Luc Mélenchon va au-devant d'eux et discute.

Plus loin, des jeunes gens le reconnaissent. "Il faut prendre notre programme et expliquer les choses, leur dit-il. Notre premier ennemi, c'est la résignation."

Croisant un vieux militant PCF, il l'embrasse et dit :"Le communisme, ça conserve."

Plus rarement, des communistes expriment leur défiance ou leur rejet. "Tu as été élevé par Mitterrand. Vous avez cassé le social", l'interpelle un détracteur.

CONVERGENCES AVEC ROYAL

Mais Jean-Luc Mélenchon est déjà loin, serrant d'autres mains dans une autre allée.

La direction du PCF, qui a renoncé à présenter un candidat purement communiste à l'élection présidentielle, a pesé de tout son poids lors du vote consacrant à une large majorité la stratégie du Front de gauche et le choix de l'eurodéputé.

En réponse aux critiques des orthodoxes, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, dit ne pas craindre une "OPA" de Jean-Luc Mélenchon sur le parti.

"Nous faisons vivre une parole collective", assure-t-il en confirmant sa volonté de jouer un rôle de premier plan dans la campagne, aux côtés de l'ex-dirigeante Marie-George Buffet ou d'autres ténors communistes.

De fait, l'eurodéputé, un moment accusé de populisme et moins polémique depuis quelques mois, semble respecter le contrat. "Je fais ma part du travail", dit-il.

Samedi, trois candidats à la primaire socialiste, Ségolène Royal, Martine Aubry et Arnaud Montebourg, ont courtisé la gauche radicale dans les allées de La Courneuve.

Quand la présidente de la région Poitou-Charentes a souligné "des points de convergence" avec lui, Jean-Luc Mélenchon y a vu le signe que "le temps du mépris" à l'égard de la sensibilité qu'il représente était terminé.

"Tu comprends notre démarche de la radicalité concrète", a dit à Ségolène Royal celui qui avait quitté en 2008 un PS qu'il jugeait trop proche du centre-gauche.

Crédité de 5% à 7% dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon va devoir maintenant porter avec la même énergie la campagne "pour assurer la défaite du président des riches", Nicolas Sarkozy.

Edité par Elizabeth Pineau

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