Jean-François Copé défend sa gestion du budget de l'UMP

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PARIS (Reuters) - Jean-François Copé s'est expliqué mardi sur la gestion des finances de l'UMP à la suite d'accusations de favoritisme à son encontre qu'il a balayées comme autant de "mensonges grossiers" et de "chiffres fantaisistes".

Le président du parti d'opposition, qui s'estime victime d'une déstabilisation interne, a répondu aux demandes d'"explications" formulées avant les municipales par François Fillon, notamment, lors d'une réunion du comité stratégique.

L'ancien Premier ministre, qui avait affronté son ancien rival sur la "transparence" financière du parti la semaine dernière en comité politique, était absent mardi matin, a rapporté un participant.

Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Laurent Wauquiez, Gérard Larcher, Eric Ciotti, Brice Hortefeux, notamment, étaient présents.

Le député-maire de Meaux s'est employé à démonter les "accusations mensongères" du Point qui, dans son édition du 27 février, affirme que Jean-François Copé a favorisé Events & Cie, filiale de la société de communication Bygmalion fondée par deux de ses proches, aux dépens des finances de l'UMP, pour l'organisation de meetings de Nicolas Sarkozy en 2012.

"Aucune question n'a été posée par les participants à l'issue de l'exposé", a noté l'entourage du président de l'UMP, une manière de suggérer que sa démonstration avait convaincu.

Face aux allégations de "favoritisme", Jean-François Copé a rappelé qu'un parti politique n'étant pas soumis au code des marchés publics, il était "normal" qu'il choisisse "librement" des prestataires "qui ont toute sa confiance et dont les dirigeants partagent ses valeurs et ses combats".

ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE

Le chiffre d'"au moins 8 millions d'euros" avancé par Le Point s'agissant des rémunérations d'Events & cie pour la campagne de 2012 est "un pur mensonge", a-t-il dit.

"4,1 millions ont été facturés au titre de l'élection présidentielle et intégrés au compte de campagne (3,1 millions payés par l'UMP et 1 million payé directement par le compte de campagne)", a précisé Jean-François Copé, selon son entourage.

Events & Cie touchait "7 à 8% au titre d'honoraires de mission de coordination", un montant "inférieur à celui pratiqué par d'autres prestataires de l'UMP", a-t-il dit.

Le parquet de Paris a ouvert le 5 mars une enquête préliminaire sur les finances de l'UMP pour d'éventuelles infractions de "faux", "abus de biens sociaux" et "abus de confiance".

S'agissant des finances du parti, qui a obtenu en 2013 grâce à des dons les 11 millions d'euros nécessaires à sa survie après l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy par le Conseil constitutionnel, Jean-François Copé a fait état d'une évolution favorable avec une dette nette de 24,1 millions d'euros.

Le budget 2014 validé par le Conseil national en janvier prévoit un résultat positif de l'ordre de 2,5 millions d'euros.

Quant à l'instance de supervision financière réclamée à maintes reprises par François Fillon, elle existe déjà, a répété le président de l'UMP. Il s'agit de la commission de contrôle de la gestion financière, une instance de dix membres comparée à la "Cour des comptes" de l'UMP que préside Claude Gaillard, ancien conseiller de François Fillon.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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