Jean-Christophe Rufin, écrivain : « Nous ne sommes pas en guerre »

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Jean-Christophe Rufin, écrivain : « Nous ne sommes pas en guerre »
Jean-Christophe Rufin, écrivain : « Nous ne sommes pas en guerre »

L'écrivain, qui a reçu de nombreux prix pour son oeuvre littéraire, dont le Goncourt 2001 pour « Rouge Brésil », a aussi été l'un des pionniers de Médecins sans frontières et a travaillé dans des ONG au Nicaragua, en Afghanistan, aux Philippines, au Rwanda ou dans les Balkans. Aujourd'hui, celui qui a publié en 2004 « Globalia »*, un roman d'anticipation sur l'utilisation de la peur dans les sociétés, relativise les discours alarmistes.

Est-ce qu'on vit une période de violences sans précédent ?

JEAN-CHRISTOPHE RUFIN . Non, je pense surtout qu'on a été particulièrement gâtés pendant une cinquantaine d'années. On a vécu un demi-siècle exceptionnel depuis la fin des guerres coloniales, avec les Trente glorieuses, le relatif plein-emploi, la paix. Mais, jusque-là, notre continent, qui prétend avoir inventé l'humanisme, avait été le terrain de guerres, de famines et de maladies. Et ceux qui, comme moi, ont voyagé pendant cette période où on a été protégé de toutes ces violences voyaient bien que le monde était toujours en guerre. Aujourd'hui, la France et l'Europe sont seulement en train de rejoindre l'état normal d'un monde dans lequel il y a de la violence.

On a donc rejoint cette « guerre » ?

On n'est plus hors du monde, mais nous ne sommes pas en guerre. On a déjà connu des périodes beaucoup plus violentes. Moi, je suis né après la Seconde Guerre mondiale, mais j'ai été très marqué par le conflit (NDLR : son grand-père a été déporté à Buchenwald pour faits de résistance), ma première femme était d'origine russe et sa famille a connu les goulags, ma deuxième femme est Ethiopienne donc sait ce qu'est la famine... Aujourd'hui, en France, on a des défis sécuritaires, économiques et d'intégration, mais l'existence de notre société n'est pas menacée. On n'a pas les Panzer d'Hitler sur les Champs-Elysées, on ne vit pas le crépuscule de la civilisation.

Le poids de l'information dans la ...

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