Jean-Baptiste Grange : " Je ne suis plus trop jeune "

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Jean-Baptiste Grange : " Je ne suis plus trop jeune "
Jean-Baptiste Grange : " Je ne suis plus trop jeune "

Champion du monde de slalom à Beaver Creek l'hiver dernier, Jean-Baptiste Grange a confié qu'à 31 ans, la confiance n'était pas forcément au rendez-vous mais que l'ambition était toujours là. Avec une préparation en conséquence pour retrouver le goût de la victoire.

Jean-Baptiste Grange, où en êtes-vous dans votre préparation ?
Il reste la dernière ligne droite jusqu’à la première course de la saison qui sera mi-novembre en Finlande, pour moi en slalom. J’ai passé un bon été, on a essayé un petit peu de changer des choses au niveau de la préparation et de la programmation. L’idée était d’avoir une coupure un peu plus longue au niveau des vacances pour attaquer en étant bien physiquement, en ayant bien récupéré. Derrière, j’ai aussi essayé de limiter la quantité de ski. Je vais avoir 31 ans donc je suis passé dans la catégorie « vieux ». C’est vrai que ça fait quelques années maintenant que j’y suis, l’idée était aussi de limiter la quantité, d’augmenter la qualité pour arriver en début de saison avec de l’envie et de la fraîcheur.

C’est l’axe de travail que vous avez décidé ?
Oui, c’est l’axe de travail, ça faisait deux ou trois ans que je travaillais beaucoup l’été pour revenir à un bon niveau. J’étais à fond toutes les journées, je me mettais pas mal de pression pour être bon déjà à l’entraînement. Je pense que ça m’a un peu pénalisé la saison dernière sur la Coupe du monde. Je fais une saison qui est un peu en demi-teinte. Certes, il y a les Mondiaux qui ont été exceptionnels, qui ont été la cerise sur le gâteau. Mais c’est vrai qu’en Coupe du monde, il y avait beaucoup de choses qui étaient perfectibles. C’était vraiment essayer de chercher un axe de travail pour les deux ou trois prochaines saisons en prenant en compte le fait que je ne suis plus trop jeune et que c’est surtout sur les courses qu’il faut être bon.

Est-ce que vous avez des objectifs pour cette saison ?
C’est sûr qu’il y a des objectifs concrets. Si j’ai décidé de continuer le ski et de m’entraîner toujours aussi dur, c’est avant tout pour faire partie des meilleurs mondiaux, pour remonter sur le podium et, pourquoi pas, en regagner une. Mais ce sont des rêves, ce que je veux atteindre mais il y a aussi la réalité. On verra.

Continuer à progresser grâce à l’expérience

Vous parliez de votre âge mais l’expérience peut aussi être un atout...
C’est ça. On a aussi axé la préparation sur cette expérience acquise depuis toutes ces années. Je le vois, physiquement, je n’ai pas besoin de faire autant de séances qu’avant pour reprendre un certain volume musculaire. Ça veut aussi dire que le corps acquiert et emmagasine de l’expérience, on se bonifie d’année en année. C’est pour cela qu’on peut se permettre de modifier les préparations.

Justement, à 31 ans, est-ce qu’il y a encore une marge de progression ?
En tout cas, il le faudra ! Autant sur les Mondiaux, ça a été parfait que ça l’a moins été sur la Coupe du monde. J’espère qu’il y a encore une marge de progression mais ça fait deux ou trois saisons que j’ai moins de confiance. La confiance peut changer beaucoup de choses. Un athlète qui est en confiance peut se permettre beaucoup plus de choses. On fait un sport où l’engagement est très important mais on s’engage quand on est en confiance. Ça fait malgré tout deux ou trois ans que je ne skie plus en étant vraiment en confiance, c'est-à-dire de savoir que vous pouvez gagner, que quand vous accélérez, vous pouvez être au contact des meilleurs, voire vainqueur. Ça change aussi beaucoup de choses et c’est quelque chose que je n’ai plus beaucoup depuis quelques temps. C’est aussi là-dessus que ça peut changer.

Ce manque de confiance, c’est en termes de performance ? Ce n’est pas physiquement que vous avez peur de vous engager ?
Non, en slalom, pas du tout. Autant dans d’autres disciplines, ça peut être plus compliqué, mais en slalom, il n’y a plus du tout... La discipline a aussi évolué, il y a des Alexis Pinturault, des Marcel Hirscher, ce sont aussi des athlètes qui sont capables de mettre énormément d’intensité physique et, nous, on a dû évoluer par rapport à ça mais, aujourd’hui, on a vu plein d’athlètes qui se sont mis à marcher sur le tard, qui ont 34 ou 35 ans et qui font encore de très belles saisons. Par rapport à eux, j’ai de la marge !

Vous parliez de deux ou trois ans, c'est-à-dire que vous avez déjà en tête le moment où vous arrêterez, ou pas encore ?
Non, pas du tout. Je prends un peu les années comme elles viennent. On verra. Ce qu’il faut, c’est surtout que ça aille bien physiquement, qu’il y ait de l’envie et des résultats.

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