"Je me sens français avant d'être juif"

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Dans la rue des Rosiers, au coeur du quartier juif de Paris (illustration).
Dans la rue des Rosiers, au coeur du quartier juif de Paris (illustration).

"Moi, je pense que Houellebecq a raison, je crois en son roman !" À la caisse de l'épicerie casher d'Antony, la conversation n'est pas littéraire, mais politique. "Nous aurons un jour un président musulman", poursuit Michèle, prof de français à la retraite. Les autres clients n'osent pas trop la contredire, mais, à voir leurs mines déconfites, ils ne partagent pas sa vision politique. En ce jour de shabbat, Michèle n'arrive pas à pardonner. Elle raconte qu'elle a été chassée d'Algérie qu'elle dit avoir "laissée en parfait état", et ne supporte pas de voir ce que ce pays est devenu sans elle. "Les temps sont messianiques", ajoute-t-elle, avant de tourner les talons. Ce vendredi, l'ambiance est survoltée au Marché Cashbi d'Yves Bismuth. La peur d'être pris pour cible n'a pas dissuadé les clients qui affluent, malgré l'absence de protection devant le commerce. S'ils n'ont pas peur, tous se disent inquiets pour l'avenir et la place des juifs en France. La minorité est perçue comme une menace : "Il doit y avoir 500 000 juifs en France pour 6 millions de musulmans ! On ne peut pas lutter !" explique Dan, un client de passage. Le départ n'occupe pas pour autant tous les esprits. L'alya serait le dernier recours si la situation devenait insoutenable. Mais pour l'instant, rien de tout cela. "Pourquoi partir ? La période est un peu dure, mais quand même ! On est bien ici. Et moi, je me sens français avant d'être juif", s'exclame Yves. "Moi, je...

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