Jason Lamy-Chappuis n'est pas rassasié après avoir tout gagné en combiné nordique

le
0
Jason Lamy-Chappuis n'est pas rassasié après avoir tout gagné en combiné nordique
Jason Lamy-Chappuis n'est pas rassasié après avoir tout gagné en combiné nordique

Jason Lamy-Chappuis, après une saison excellente (vainqueur du globe de cristal et six victoires), pouvez-vous faire mieux cette année ?
L?an dernier, l?objectif principal était le globe de cristal en étant présent sur tous les week-end et marquer le plus de points possible pour être en tête au. Cette année, ce sera légèrement différent car j?ai envie de focaliser l?attention sur les championnats du monde qui se dérouleront sur quatre courses à la fin du mois de février. Je veux d?abord conserver mon titre de champion du monde. Par équipes, on a aussi une belle carte à jouer, notamment dans le team sprint où l?on a de belles chances de médailles. Cela fait quatre fois de suite que l?on termine au pied du podium aux JO et aux championnats du monde et ce coup-ci, on a vraiment envie de monter sur la boite et de partager cette médaille avec les copains.

Les objectifs de cette saison seront donc plus collectifs?
Ils seront collectifs et personnels. Mes principales dates se situent surtout en février. Si la préparation se passe bien et que j?arrive en forme pour cette échéance, il ne restera plus qu?à retranscrire cette préparation pour Sotchi 2014. Même si je me focalise plus sur le mois de février, ça ne veut pas forcément dire que je vais lâcher le globe. Si je suis en forme en enchaînant les podiums en coupe du monde, ce sera tout benef?.

« Atteindre ce que j?aspire être »

Réussir la performance inédite d?obtenir quatre globes consécutifs, vous y pensez ?
J?y pense mais si je m?entraîne aussi fort, ce n?est pas pour rentrer dans l?histoire. Je veux avant tout vibrer en compétition. L?anxiété et la peur se mélangent à l?envie de bien faire. Je souhaite continuer pour vivre de bons moments dans le sport et profiter tout simplement.

Des moments vécus comme à Oslo, lors des derniers Mondiaux?
Je rate complètement la course en terminant presque vingtième avant de décrocher le titre sur la seconde course. On ne vit pas tous les jours des moments forts comme celui-ci.

Martin Fourcade, qui, collectionne avec vous les globes de cristal, s?essaie au ski de fond. Est-ce que vous allez, de votre côté, tenter le saut ?
Ca me dirait peut-être en fin de saison. Il y a deux ou trois ans en arrière, j?avais fait du vol à ski à Planica (Slovénie). J?avais réussi à faire 209 mètres donc si en fin de saison, j?ai un peu de temps en voulant me faire plaisir, j?irai. Mais ça ne sera pas un objectif en soi, comme ça peut l?être pour Martin Fourcade.

Pensez-vous avoir tout vécu dans votre discipline ?
J?ai sûrement tout vécu mais il me reste de belles pages à écrire. Je pense que je ne suis pas allé jusqu?au bout de ce que j?avais à faire. J?ai encore des défauts à améliorer sur le tremplin et en ski de fond. Je n?ai donc pas encore atteint ce que j?aspire être.

Où se situe votre marge de progression ?
Par rapport à l?hiver dernier, je peux m?améliorer plus en saut qu?en ski de fond. Il faut que je progresse en régularité en tremplin en obtenant une technique assez stable pour figurer systématiquement dans le Top 5 après les concours de saut. En ski de fond, il faut continuer dans la même voie, en mettant l?accent dans les finish. On est parfois dix à être dans la dernière bosse ensemble. On est contraint de se placer, de partir au bon moment et sprinter. C?est surtout dans les finish que tout se joue.

« Je me sens plus fort »

Chaque saison vous avez à faire à un concurrent nouveau, qui sera le prochain ?
Bernhard Gruber est sur ma liste. Cet été, l?Autrichien a été vraiment fort en se positionnant sur chaque podium. Ensuite, il y aura toujours le Japonais Watabe, les Allemands qui seront toujours présents, sans oublier les Norvégiens.

Mais au final, c?est Lamy-Chappuis qui finit devant?
J?ai eu la chance de ne jamais avoir un rival constant sur toute une saison. Ils ont eu des pics de forme au cours de l?année, alors que moi, j?étais constant en faisant des podiums toute la saison. Cette constance m?a permis de marquer assez de points pour être devant au final.

Plus personnellement, vous possédez un brevet de pilote de loisir. Pour devenir professionnel, il vous faut 200 heures, où en êtes-vous ?
Malheureusement, je n?ai pas eu l?occasion de beaucoup voler cet été. C?est vrai que j?ai mon brevet de pilote privé donc je peux voler sur des petits avions en France métropolitaine. J?ai commencé ce printemps mon brevet théorique de pilote de ligne. Tout se fait par correspondance sur internet. Je remplis des QCM, ça me prend aussi beaucoup de temps, mais c?est passionnant. J?aimerais bien en faire ma reconversion plus tard.

Comment arrivez-vous à gérer les exigences de votre sport avec cette passion ?
J?ai toujours aimé garder un hobby autre que le ski. Avoir un autre objectif me permet de m?aérer et de se changer les idées. Lorsque j?arrive à l?entraînement, je me sens d?autant plus fort. Je n?avance peut-être pas aussi vite que ce qu?aimerait l?école mais j?essaie de faire au mieux. De tout façon, j?ai 18 mois pour terminer ma formation donc je vais aller jusqu?au bout.

Propos recueillis par Nicolas GUIGUES

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant