Japon-Un scandale lié à des achats de terrains pèse sur le PM

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    par Elaine Lies et Linda Sieg 
    TOKYO, 23 mars (Reuters) - Le directeur d'un établissement 
scolaire japonais au coeur d'un scandale politique a déclaré 
sous serment jeudi devant une commission parlementaire avoir 
reçu un don d'un million de yens (8.300 euros) de l'épouse du 
Premier ministre Shinzo Abe au nom de son mari. 
    Dans cette affaire qui fait scandale, et qui a même pesé sur 
la Bourse jeudi, l'association éducative Moritomo Gakuen, dont 
le siège est à Osaka, a acquis des terrains publics très bon 
marché pour y construire une école élémentaire. 
    Le Premier ministre a déclaré que ni lui ni son épouse Akie, 
n'étaient intervenus. 
    Shinzo Abe a aussi nié que son épouse ait donné un million 
de yens en son nom à Yasunori Kagoike, le chef démissionnaire de 
Moritomo Gakuen. 
    Akie Abe devait être la principale honoraire de 
l'établissement, qui devait ouvrir en avril avec un programme 
fondé sur le patriotisme d'avant-guerre qui enseignait aux 
élèves à être des sujets et non des citoyens. Akie Abe a rompu 
avec le projet une fois de scandale révélé. 
    Le groupe Moritomo Gakuen gère aussi une école maternelle 
avec un programme similaire. 
    Yasunori Kagoike, qui témoignait jeudi sous serment devant 
la commission budgétaire du Sénat, dit avoir reçu l'argent de 
l'épouse du chef du gouvernement en 2015, à un moment où ils se 
trouvaient seuls. 
    "Elle a dit : 's'il vous plaît, c'est de Shinzo Abe' et elle 
m'a donné une enveloppe avec un million de yens à l'intérieur",  
déclaré Yasunori Kagoike. 
    "L'épouse de Shinzo Abe dit apparemment qu'elle ne se 
souvient pas tout de cela, mais, puisque que c'était une 
question d'honneur, je m'en souviens comme si c'était hier." 
    Le témoignage a été diffusé en direct par quatre des six 
groupes de télévisions japonais. 
    Yasunori Kagoike est membre du Nippon Kaigi, un groupe de 
pression nationaliste qui plaide pour une philosophie 
traditionnelle à base de shintoïsme, la "religion" 
traditionnelle du Japon, de patriotisme et de fierté 
d'appartenir à une ligne impériale ancienne. Ce groupe est très 
lié à Shinzo Abe et à son entourage. 
    La côte de popularité de Shinzo Abe a reculé de dix points 
mais le Premier ministre engrange encore 56% d'opinions 
favorables, selon un sondage pour le quotidien Yomiuri publié 
cette semaine.  
 
 (Avec Chris Gallagher, Kiyoshi Takenaka et Ayai Tomisawa; 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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