Japon-Shinzo Abe juge difficile de changer la Constitution

le
0
    TOKYO, 11 juillet (Reuters) - Le Premier ministre japonais 
Shinzo Abe a estimé lundi que modifier la Constitution pacifiste 
du Japon serait difficile même après la large victoire de son 
parti, le PLD, aux élections sénatoriales. 
    L'article 9 de la loi fondamentale japonaise en vigueur 
depuis mai 1947 interdit l'entretien de forces militaires. Les 
gouvernements successifs ont interprété cette disposition d'une 
manière plutôt extensive afin de permettre la création d'une 
force armée d'auto-défense. 
    Shinzo Abe avait élargi, l'an passé, cette interprétation à 
la possibilité pour le Japon de porter assistance à une nation 
amie visée par une attaque. 
    La coalition conservatrice conduite par Shinzo Abe a 
remporté dimanche la majorité des deux tiers à la chambre haute 
du parlement. Cette majorité qualifiée permet en théorie 
d'engager une procédure de révision de la Constitution rédigée 
après la fin de la Seconde guerre mondiale et considérée par les 
conservateurs comme une humiliation. 
    Tout changement de la loi fondamentale requiert la majorité 
qualifiée des deux tiers dans les deux chambres ainsi que la 
majorité absolue dans un référendum. 
    "Mettre en oeuvre la révision de la Constitution est mon 
devoir en tant que président du PLD (Parti libéral-démocrate)", 
a commenté le chef du gouvernement devant la presse. "Mais cela 
n'est pas facile et j'espère que le débat va gagner en 
profondeur", a-t-il dit. 
    Les observateurs estiment que parvenir à un accord sur cette 
question risque d'être compliqué. 
    "C'est la première fois qu'il y a une majorité des deux 
tiers dans les deux chambres du parlement mais il n'y a pas de 
sujet sur lequel les deux tiers sont d'accord", a commenté Gerry 
Curtis, professeur émérite à l'université de Columbia à New 
York. 
    "Les conservateurs considèrent que la Constitution a 
émasculé le pays", précise Jeffrey Kingston, directeur des 
études asiatiques à la Temple University de Tokyo. 
    Convaincre le parti Komeito, allié pacifiste du PLD dans la 
coalition gouvernementale, pourrait se révéler particulièrement 
difficile. 
    De plus, l'organisation d'un référendum exigerait de rallier 
une partie de la population qui se méfie de l'idée d'une 
modification constitutionnelle et semble peu encline à 
abandonner cet article 9 perçu comme le fondement de la paix et 
de la démocratie depuis la fin de la guerre. 
    Malgré ces obstacles, la Chine a manifesté son inquiétude 
face à la possibilité de voir son voisin et rival économique 
renoncer à son statut d'Etat pacifiste. 
    "La Constitution pacifiste du Japon est en jeu, et le 
pouvoir d'Abe grandit. C'est alarmant pour les voisins 
asiatiques du Japon, aussi bien que pour le Japon lui-même, car 
la militarisation du Japon ne bénéficiera à aucune des parties", 
a dit l'agence officielle Chine nouvelle. ( ID:nL8N19X03V ) 
         
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant