Japon/Pharmacie-Takeda se veut plus sélectif dans ses projets

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par Chang-Ran Kim et Ritsuko Shimizu TOKYO, 5 août (Reuters) - Confronté à une baisse de ses marges, le groupe pharmaceutique japonais Takeda Pharmaceutical 4502.T sera plus sélectif dans le choix de ses projets de recherche et de développement, a déclaré son nouveau président dans une interview accordée à Reuters. Takeda pourrait se désengager de l'un de ses six domaines d'activité actuels et n'investira plus que dans des champs où il pourra être leader, a expliqué Christophe Weber, un Français débauché par Takeda chez le britannique GlaxoSmithKline GSK.L . "Il nous faut être très rigoureux", a-t-il dit. "Si on fait de la recherche dans l'oncologie ou les maladies gastro-intestinales, sommes-nous assez bons pour être parmi les meilleurs ?" Takeda peine à se remettre de l'échec en décembre d'essais cliniques d'un nouveau traitement du diabète qui était censé remplacer l'Actos, dont le brevet a expiré en 2012 et qui est depuis concurrencé par des produits génériques. Une plainte a en outre été déposée aux Etats-Unis accusant Takeda d'avoir dissimulé des risques de cancer liés à Actos. Faute de nouveaux produits, la marge opérationnelle du laboratoire japonais a baissé à 17,6% pendant l'exercice 2011-2012 puis à 7,9% l'année suivante. Elle est restée faible à 8,2% en 2013-2014, quand le groupe a adopté les normes comptables IFRS, soit 9,2% avec les anciennes normes japonaises. Présentant vendredi dernier ses résultats, le laboratoire a dit prévoir un résultat opérationnel stable ou en légère baisse sur l'exercice clos en mars 2015. CONTESTATION Christophe Weber, l'un des rares patrons étrangers d'un grand groupe japonais, est devenu directeur de l'exploitation de Takeda en avril puis a été désigné président lors de l'assemblée générale du groupe fin juin. Le directeur général Yasuchika Hasegawa, l'homme qui l'a recruté, entend en faire son successeur l'année prochaine avec pour mission de moderniser et de mondialiser l'entreprise vieille de 233 ans. La nomination de l'ex-cadre dirigeant de GlaxoSmithKline a été contestée par un groupe d'actionnaires et d'anciens employés qui, avant l'assemblée générale de juin, ont dit craindre qu'un patron étranger se focalise sur des objectifs financiers à court terme au lieu d'avoir une vision de long terme pour l'entreprise. Les contestataires ont aussi émis des réserves sur la politique d'acquisitions du groupe, qui a racheté la biotech américaine Millennium Pharmaceuticals en 2008 puis le laboratoire suisse Nycomed en 2011. Christophe Weber a relativisé cette opposition en la qualifiant de minoritaire et il a dit ne pas ressentir personnellement de résistance. "Simplement, il faut garder à l'esprit ce que l'on change et ce que l'on ne change pas, et la vitesse à laquelle on fait ces changements, et aussi la façon dont on implique les gens", a-t-il dit. "Je ne cherche pas une révolution mais plutôt une évolution." (Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)


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