Japon-Les taux négatifs, source de dissensions à la BoJ

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    TOKYO, 18 février (Reuters) - L'adoption de taux d'intérêt 
négatifs est loin de faire l'unanimité au sein de la Banque du 
Japon (BoJ), dont le gouverneur assure que cette politique aura 
des effets positifs alors qu'un autre de ses responsables a 
exprimé son scepticisme. 
    La BoJ a pris les marchés financiers par surprise fin 
janvier en annonçant qu'elle prélèverait un intérêt de 0,1% sur 
les réserves bancaires excédentaires, mesure qui visait à 
relancer l'économie et à combattre la déflation dans un contexte 
de grande volatilité financière et de ralentissement de la 
croissance mondiale.   
    Le taux négatif est entrée en vigueur cette semaine.  
    "L'effet de cette politique (de taux négatifs) apparaît" 
sous la forme d'une baisse des rendements obligataires, a dit le 
gouverneur jeudi à la commission des Finances de la Chambre des 
conseillers. 
    Haruhiko Kuroda a ajouté que cette mesure n'était pas 
destinée à affaiblir directement le yen, qui profite du contexte 
général d'aversion au risque, ce qui soulève quelques doutes sur 
l'efficacité de la démarche. 
    Ces doutes ont été exprimés jeudi par Koji Ishida, qui siège 
au conseil de la banque centrale et pour qui des taux négatifs 
n'inciteront guère les entreprises à augmenter leurs 
investissements ou à prendre plus de risques.  
    Koji Ishida, un ancien banquier, est l'un des quatre membres 
du conseil, sur un total de neuf, qui se sont prononcés contre 
l'adoption de taux négatifs le mois dernier. 
    "Les taux d'intérêt du secteur privé sont déjà très bas, 
c'est pourquoi cette politique n'aboutira pas forcément à une 
augmentation de l'investissement", a-t-il déclaré à la presse, 
après avoir rencontré des chefs d'entreprise. 
    Selon lui, la BoJ devrait prendre en considération le risque 
de déstabiliser le système bancaire japonais en poursuivant trop 
longtemps une politique de taux ultra-bas.  
    "L'activité principale des banques est de prêter (...) Toute 
politique visant à maintenir des taux bas ne peut qu'altérer les 
bénéfices des banques", a-t-il expliqué. "L'important est de 
mettre fin à la déflation le plus vite possible et de normaliser 
les taux d'intérêt". 
     
 
 (Tetsushi Kajimoto, Stanley White et Leika Kihara; Wilfrid 
Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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