Japon-Les Abenomics ne font plus recette à la Bourse

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    * Les actions japonaises ont bondi après les premières 
mesures 
    * Les taux négatifs de la BoJ n'ont eu quasiment aucun effet 
    * Le marché semble désillusionné après les ratés des 
Abenomics 
    * Le Nikkei n'a repris que 10% en dollars depuis mars 2013 
 
    par Hideyuki Sano et Tomo Uetake 
    TOKYO, 9 février (Reuters) - Quand Shinzo Abe, redevenu 
Premier ministre, avait lancé il y a trois ans son programme en 
trois volets, connu sous le nom d'Abenomics, pour relancer 
l'activité et écarter définitivement la menace déflationniste au 
Japon, la Bourse avait salué chacune des nouvelles mesures.   
    Ce n'est plus le cas. 
    Shinzo Abe a tout juste commencé à préparer la troisième 
"flèche" des Abenomics, les réformes structurelles visant à 
améliorer la productivité, alors qu'il avait rapidement mis en 
oeuvre les deux premières -- la politique budgétaire de relance 
et la stimulation monétaire -- avec le soutien enthousiaste du 
gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) Haruhiko Kuroda.  
    Au cours de la première année de ce programme de relance, 
l'indice Nikkei  .N225  a gagné près de 60%, attirant 15.000 
milliards de yens (119,2 milliards d'euros) de fonds étrangers 
sur le marché. L'accueil fait aux mesures audacieuses d'Haruhiko 
Kuroda a été particulièrement positif, chacune de ses deux 
annonces d'injections de liquidités dans l'économie ayant 
provoqué un bond de 7% de la Bourse en une semaine. 
    Sa décision la semaine dernière d'imposer des taux d'intérêt 
négatifs était également hardie, et plutôt inattendue, mais les 
investisseurs, constatant que Shinzo Abe était loin d'avoir 
atteint ses objectifs, n'ont pas bougé sur la nouvelle.  
    "La réaction du marché est chaque jour un peu plus morne. 
Les taux négatifs ne l'ont soutenu que pendant deux jours", note 
 Norihiro Fujito, analyste chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley 
Securities, qui ajoute que les données du marché montrent que 
même ce mouvement était le fait de spéculateurs de court terme.  
    Une semaine plus tard, ces gains ont d'ailleurs été effacés, 
les investisseurs étrangers ayant réalisé 207 milliards de yens 
de retraits nets du marché, ce qui porte le total des retraits 
depuis le début de l'année à 1.000 milliards de yens. Les fonds 
d'actions japonaises basés aux Etats-Unis ont également fait 
l'objet d'un flux net de retraits dans la semaine au 3 février.  
     
    RÉFORMES STRUCTURELLES  
    Et même si le Nikkei a progressé de 36% depuis l'arrivée 
d'Haruhiko Kuroda à la tête de la BoJ en mars 2013, le yen s'est 
affaibli, passant de 95 à 117 pour une dollar sur la période, ce 
qui fait qu'en dollars, la hausse de l'indice n'a été que de 
10%, soit deux fois moins que celle de l'indice américain 
S&P-500  .SPX . 
    Il semble difficile de contester le pessimisme des 
investisseurs étrangers alors que les Abenomics n'ont pas réussi 
à sortir le pays de dix années de stagflation. 
    De nombreux économistes s'attendent à ce que le PIB se soit 
encore contracté lors du trimestre écoulé, pour la cinquième 
fois au cours des neuf derniers trimestres. 
    L'objectif premier d'Haruhiko Kuroda, qui est d'atteindre 
une hausse des prix de 2%, reste éloigné, avec une inflation 
bloquée autour de zéro en raison de la chute du pétrole.   
    De plus, le yen  JPY=  reste près de son plus haut en plus 
d'un an, ce qui n'encourage pas l'optimisme des entreprises 
exportatrices japonaises. 
    Les "vents contraires", que sont le ralentissement en Chine, 
la faiblesse de la demande extérieure et la déroute du marché 
pétrolier, sont des facteurs sur lesquels les dirigeants 
japonais ne peuvent avoir aucune influence.  
    "Les taux négatifs auront peu d'impact pour relancer la 
prospérité et la croissance économique (...). Ils permettent de 
déprécier la devise et de soutenir les cours des actifs dans une 
certaine mesure", dit Michael Kretschmer, responsable de 
l'investissement chez Pelargos Capital à La Haye, qui note que 
cela n'empêchera pas la croissance mondiale de rester faible.  
    Certains investisseurs s'accrochent à l'espoir de voir 
Shinzo Abe sortir sa troisième flèche: les réformes 
structurelles améliorant par exemple la flexibilité du marché du 
travail.  
    Mais ils n'en attendent pas non plus des merveilles. 
    "La réforme de l'économie réelle aura un impact à long 
terme. Je ne peux donc qu'espérer que les Abenomics ne 
s'essouffleront pas d'ici là", dit Hannah Cunliffe, gérante chez 
Union Investment à Francfort. 
 
 (Juliette Rouillon pour le service français, édité par 
Véronique Tison) 
 

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