Japon-Le tankan souligne les défis qui attendent encore Abe

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par Leika Kihara et Tetsushi Kajimoto TOKYO, 15 décembre (Reuters) - La confiance des entreprises japonaises est très mitigée au quatrième trimestre et il semble qu'elle doive se dégrader, un avertissement sans frais pour le Premier ministre Shinzo Abe au lendemain de sa victoire incontestée à des législatives anticipées. ID:nL6N0TZ044 ID:nL6N0TY0BH Même si l'investissement productif a été soutenu, le rapport trimestriel de la Banque du Japon (BoJ), dit "tankan", montre aussi que les entrepreneurs s'interrogent sur la stratégie gouvernementale en vue de relancer une croissance durable. "Les élections passées, Abe doit changer de politique; il ne doit plus seulement stimuler le sentiment mais aussi changer la manière dont les entreprises agissent. Sans quoi, les avantages de l'Abenomics ne se feront pas sentir", commente Kyohei Morita (Barclays Capital). La stratégie de Shinzo Abe, axée sur un stimulant monétaire et budgétaire massif et sur des réformes de structure afin d'en finir avec 15 années de déflation, n'a pas eu le succès escompté jusqu'à présent. Au moins, la Bourse a-t-elle monté et les exportateurs ont-ils vu leurs profits augmenter à la faveur d'un yen affaibli. Toutefois, le très attendu enchaînement vertueux consistant en une hausse de l'investissement, des salaires, de la demande intérieure et en une croissance soutenue ne s'est pas encore totalement concrétisé. Le tankan montre que le sentiment des grands groupes industriels s'est légèrement altéré, tandis qu'il s'est amélioré tout aussi modestement pour les sociétés de services. L'économie nippone est tombée en récession contre toute attente au troisième trimestre, conséquence surtout de la hausse de la TVA intervenue le 1er avril. Depuis lors, les signaux économiques sont mitigés: les exportations repartent mais l'humeur du consommateur est maussade. L'indice Tankan, qui mesure le sentiment des grands industriels, a baissé d'un point, par rapport au rapport publié trois mois auparavant, à +12, alors que le consensus le donnait à +13. Les entreprises industrielles et non industrielles voient les conditions se détériorer à l'avenir, soulignant à quel point la reprise économique du Japon est inégale. Alors qu'un yen faible stimule les exportateurs, il affecte les autres catégories d'entreprises en augmentant leurs coûts d'importation. Les autorités japonaises espèrent néanmoins que les grandes entreprises industrielles, qui jouissent de la faiblesse du yen et de la chute des cours pétroliers, dépenseront plus dans les salaires et l'investissement productif. Le tankan montre que les grandes entreprises comptent augmenter leurs investissements de 8,9% durant l'exercice clos le 31 mars prochain, soit plus que le consensus qui donnait 8,0%. Un bon point pour la BoJ qui a encore mobilisé son massif programme de soutien à l'économie en octobre. Il est probable que la banque centrale proposera un diagnostic de l'économie plus optimiste et observera le statu quo monétaire cette semaine, ont dit des sources à Reuters. "les projets d'investissement se tiennent et le sentiment des non industriels s'améliore, ce qui laisse penser que l'économie peut continuer à se redresser progressivement", commente Hidenobu Tokuda (Institut d'études Mizuho). (Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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