Japon : le luxe a résisté au tsunami

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Les grandes marques françaises, comme Louis Vuitton et Chanel, voient leurs ventes rebondir très rapidement.

Retour à la normale en vue pour le luxe au Japon après le séisme du 11 mars. C'est la prévision que font plusieurs capitaines français de cette industrie au Japon. LVMH a certes annoncé un recul de ses ventes de 9% au premier trimestre, et même de 25% sur le seul mois de mars, mais l'embellie est déjà perceptible. «L'activité dans nos 58 magasins est presque revenue au niveau normal. Les ventes au jour le jour sont les mêmes, voire supérieures à celles enregistrées l'an dernier. Nous avons perdu pour l'instant la clientèle des touristes chinois, mais elle finira par revenir», explique Yves Carcelle. Le PDG de Louis Vuitton est venu la semaine dernière réconforter l'équipe de son magasin de Sendai, proche de l'épicentre du séisme, qui vient de rouvrir ses portes. Bernard Arnault, le PDG de LVMH, devrait passer à son tour dans quelques semaines.

Même son de cloche chez Chanel. «J'avais donné à mes équipes dès le début de la crise le temps de se retourner, mettre leur famille à l'abri. Aujourd'hui, elles sont très dynamiques. Les ventes sont de façon surprenante plutôt bonnes en parfums et beauté, excellentes en montres et haute joaillerie et reprennent petit à petit en mode, mais cela prend un peu plus de temps. La meilleure façon de répondre au séisme est de reprendre les activités le plus normalement possible, ce que nous faisons», explique Richard Collasse, président de Chanel Japon.

Boom des mariages

On disait les grands magasins - dont les ventes ont chuté de 15% en mars - irrités contre les grandes marques qui avaient décidé d'un commun accord de fermer quelques jours leurs «corners» chez eux au beau milieu de la crise. Aujourd'hui, la page semble tournée. «Les grands magasins ont plus besoin des marques françaises que le contraire. C'est nous qui générons le trafic», glisse le représentant d'une marque dans l'Archipel.

Au-delà du séisme et du tsunami, les tendances lourdes du marché nippon vont vers un tassement, parallèle du vieillissement de la population. Selon une étude de Deutsche Bank, les Japonais consomment un quart du marché mondial du luxe. Le Japon demeure aujourd'hui encore le premier marché pour Louis Vuitton (18% de son chiffre d'affaires, selon nos informations), tandis que les Chinois représentent sa première clientèle dans le monde. «Le luxe au Japon a longtemps joui d'une position très favorable, notamment grâce au yen fort. Aujourd'hui, le marché japonais se normalise, touche des gens plus âgés, aux goûts sophistiqués. Les consommateurs sont plus individualistes, comme le montre le succès de notre offre ­personnalisée», résume Yves Carcelle.

Plus étonnant et facteur d'optimisme: l'explosion du marché de la joaillerie liée aux fiançailles et au mariage depuis un mois au Japon, constatée par toutes les marques du secteur. Celle-ci vient en parallèle d'un boom des mariages. «Les gens ont envie de vivre», explique un patron français de l'industrie.

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