Japon-Le FMI appelle à revoir les Abenomics

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 (Actualisé avec précisions et contexte) 
    TOKYO, 20 juin (Reuters) - Le Fonds monétaire international 
(FMI) a appelé lundi le gouvernement japonais à revoir sa 
stratégie de relance afin de privilégier les politiques de 
revenu et d'emploi, accompagnées de nouvelles mesures de soutien 
monétaires et budgétaires. 
    Le FMI demande un assouplissement du cadre de la politique 
monétaire du pays, avec en particulier l'abandon par la Banque 
du Japon d'une date fixe pour atteindre son objectif de 2% 
d'inflation.  
    "Dans le cadre des politiques actuelles, l'objectif élevé de 
croissance nominale, l'objectif d'inflation et l'objectif 
d'excédent budgétaire primaire restent tous hors de portée dans 
le calendrier fixé par les autorités", écrit le Fonds dans un 
communiqué à l'issue des consultations annuelles concernant la 
politique économique du Japon au titre de "l'article IV".  
    Cette évaluation de la situation du Japon par le FMI 
intervient alors que la politique de relance de l'inflation du 
Premier ministre Shinzo Abe, appelée "Abenomics", est remise en 
cause face à la stagnation de l'inflation et de la croissance.  
    Malgré les succès initiaux remportés par les politiques 
monétaire et budgétaire de soutien massif à l'économie, la 
"troisième flèche" de la stratégie de relance de Shinzo Abe, qui 
prévoit des réformes structurelles, peine à se mettre en place. 
    "Les Abenomics ont commencé à revitaliser l'économie 
japonaise", a dit David Lipton, premier directeur général 
adjoint du FMI, lors d'une conférence de presse à Tokyo. 
    "Toutefois, la consultation de cette année a révélé les 
défis persistants auxquels sont confrontés les Abenomics pour 
atteindre leurs objectifs, objectifs de croissance plus forte,  
d'inflation plus élevée et de situation budgétaire viable."  
    Le Fonds     a ajouté que Tokyo devrait porter sa taxe sur 
la valeur ajoutée (TVA) - actuellement à 8% - au niveau de 15% 
pour tenter d'atteindre le juste équilibre entre la croissance 
et une situation budgétaire viable à long terme au Japon. 
    Le Premier ministre japonais vient de reporter de deux ans 
et demi, à octobre 2019, l'augmentation de la TVA, une décision 
attendue, qui relègue au second plan l'assainissement des 
finances publiques face à la faiblesse de la reprise économique. 
    S'efforçant visiblement de prévenir les critiques sur 
l'échec des Abenomics, il a justifié ce report par la nécessité 
de combattre les risques liés à la conjoncture internationale, à 
commencer par le ralentissement chinois.    
    "Sans réformes structurelles plus audacieuses et sans 
consolidation budgétaire plus crédible, la demande intérieure 
pourrait rester morose et toute nouvelle mesure 
d'assouplissement monétaire pourrait amener le pays à se reposer 
trop sur la dépréciation du yen", écrit le Fonds. 
    Pour le yen, l'appréciation de son taux de change réel 
depuis le début de l'année l'a porté vers un niveau reflétant 
globalement les fondamentaux à moyen terme, estime le FMI. 
 
 (Tetsushi Kajimoto et Stanley White, Juliette Rouillon pour le 
service français, édité par Véronique Tison) 
 
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