Japon: Le débat sur la relance du nucléaire passe par la case judiciaire

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TOKYO, 5 mars (Reuters) - La bataille autour de la relance de la production nucléaire au Japon, progressivement stoppée après la catastrophe de Fukushima en mars 2011, va se poursuivre devant les tribunaux, saisis par des opposants à l'énergie atomique. Quatre des 48 réacteurs à l'arrêt ont passé avec succès ces derniers mois les tests renforcés de sûreté nucléaire et pourraient donc être relancés, conformément au voeux de l'exécutif soucieux d'alléger la facture des importations énergétiques. Le nucléaire japonais représentait, avant Fukushima, un tiers de la consommation d'énergie. Le gouvernement de Shinzo Abe juge une relance de la production nucléaire cruciale pour la croissance économique du pays et espère un premier redémarrage autour du mois de juin prochain. Mais des opposants au nucléaire ont saisi la justice. Jusqu'à la catastrophe de 2011, les tribunaux japonais ont quasi systématiquement pris le parti des opérateurs des centrales japonaises. Il n'est pas exclu que les conséquences de Fukushima conduisent à un changement radical, estime l'ancien magistrat Hiroshi Segi. L'opinion publique est très majoritairement hostile à l'énergie atomique. Les sondages mesurent que deux Japonais sur trois s'opposent à une relance du secteur. Les décisions des tribunaux, qui pourraient être annoncées d'ici la fin du mois, pourraient repousser le redémarrage des réacteurs et pénaliser les finances des opérateurs Kansai Electric Power 9503.T et Kyushu Electric Power 9508.T , prêts à redémarrer leurs réacteurs de Takahama et Sendai. "A mesure que nous nous rapprochons d'un redémarrage, la justice est la seule entité encore à même de le stopper", souligne l'avocat Yuichi Kaido, qui participe au recours contre la relance des deux réacteurs de Sendai et de deux réacteurs de Takahama. Les plaignants reprochent aux compagnies d'électricité de sous-estimer le risque sismique et de ne pas respecter pleinement les nouvelles normes de sûreté édictées après Fukushima, où la catastrophe de mars 2011 a suivi un séisme de magnitude 9 et un tsunami. Ils dénoncent aussi l'insuffisance des plans d'évacuation préparés par les pouvoirs publics en cas d'accident nucléaire. "Les juges doivent comprendre que leur décision pourrait empêcher un nouvel accident nucléaire", insiste Yuichi Kaido. Le juge principal de la plainte déposée contre Takahama, Hideaki Higuchi, s'est opposé en mai dernier au redémarrage d'un réacteur nucléaire de la centrale d'Ohi, également gérée par Kansai. Il avait jugé à l'époque que les impératifs de santé publique et de protection de la population l'emportaient sur les avantages financiers d'une relance de l'énergie nucléaire. (voir ID:nL6N0O71K9 ) (Mari Saito et Kentaro Hamada; Henri-Pierre André pour le service français)


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