Japon-La BoJ s'en tient au statu quo

le
0

* La politique monétaire japonaise reste inchangée * Elle abaisse son évaluation de la production après la hausse de TVA * Le "QQE" est lié à ses résultats, pas à un calendrier-Kuroda * Le yen faible a des inconvénients et des avantages (Actualisé avec conférence de presse) par Leika Kihara et Stanley White TOKYO, 7 octobre (Reuters) - Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a affiché mardi sa détermination à assurer durablement un soutien massif à l'économie mais il a réfuté tout besoin urgent de l'intensifier, soulignant les perspectives favorables en dépit de signes préoccupants. La Banque du Japon (BoJ) a maintenu sa politique monétaire inchangée mais elle a revu en baisse son évaluation de la production industrielle, reconnaissant que la hausse de la TVA intervenue en avril avait un impact plus important qu'attendu sur l'activité économique. Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion de politique monétaire, Haruhiko Kuroda a réaffirmé que la baisse du yen était globalement favorable à l'économie japonaise mais il a légèrement modifié son discours en reconnaissant qu'une poursuite de la dépréciation de la monnaie pourrait pénaliser les petites et moyennes entreprises comme les ménages en faisant monter les prix des importations. Comme attendu, la banque centrale a voté à l'unanimité le maintien de sa politique de stimulation monétaire instaurée en avril 2013, qui vise une augmentation de la base monétaire (l'ensemble des liquidités en circulation et des dépôts à la banque centrale) de 60.000 à 70.000 milliards de yens (437 à 510 milliards d'euros) par an via des achats d'obligations d'Etat et d'actifs plus risqués. Dans le communiqué accompagnant sa décision, la BoJ explique que "l'économie japonaise continue de se redresser modérément" mais elle note aussi "des signes de faiblesse dans la production" depuis le relèvement de cinq points de la TVA, à 8%, le 1er avril, qui a notamment pénalisé le secteur automobile et celui de l'électronique grand public. LE YEN FAIBLE A AUSSI DES INCONVÉNIENTS Un indicateur officiel publié par ailleurs mardi montre une dégradation du climat des affaires en août, faisant craindre une contraction du produit intérieur brut (PIB) sur le trimestre juillet-septembre qui ne manquerait pas d'être imputée à la hausse de la TVA. Haruhiko Kuroda a reconnu que cette mesure fiscale et une météo estivale décevante avaient pesé sur la consommation. Mais il a dit tabler sur un regain d'activité suffisant pour permettre à l'inflation de se rapprocher de l'objectif que s'est fixé la banque centrale, soit 2,0% à un horizon de deux ans. "La situation de l'emploi et des revenus s'améliore régulièrement et l'impact de la hausse de la TVA s'atténue globalement", a-t-il dit. "Notre politique porte les effets attendus", a-t-il assuré, ajoutant que rien ne justifiait à ses yeux une augmentation du soutien monétaire dans l'immédiat. Mais le gouverneur a aussi expliqué que la politique d'assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE) ne serait pas abandonnée brutalement une fois que l'objectif d'inflation serait à portée de main, expliquant qu'elle serait maintenue aussi longtemps que nécessaire pour assurer que l'inflation serait durablement, et pas seulement ponctuellement, à 2%. A propos de la dépréciation du yen, qui suscite de plus en plus d'interrogations et de critiques au Japon, Haruhiko Kuroda, qui ne parlait jusqu'à présent que de ses avantages, a aussi évoqué ses inconvénients mardi. "Globalement, un yen faible a des effets positifs sur les exportations et l'investissement en capital en favorisant la hausse du chiffre d'affaires des entreprises qui ont des activités à l'étranger. D'un autre côté, il est vrai qu'un yen faible pèse sur le chiffre d'affaires des entreprises non-manufacturières en faisant monter les prix à l'importation", a-t-il au Parlement. La BoJ présentera ses nouvelles prévisions de croissance et d'inflation à long terme à l'issue de sa prochaine réunion, le 31 octobre. Au vu des derniers indicateurs, elle pourrait diviser par deux sa projection de croissance économique pour l'exercice en cours, qui est pour l'instant de 1,0%, ont dit des sources proches des débats au sein de la banque centrale. (avec Tetsushi Kajimoto,; Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant