Japon-La BOJ reste confiante, maintient son soutien

le
1

(actualisé avec déclarations de Kuroda) par Leika Kihara TOKYO, 4 septembre (Reuters) - La Banque du Japon a maintenu inchangée jeudi sa politique de stimulation monétaire et a suggéré une nouvelle hausse de la taxe sur la valeur ajoutée pour améliorer les finances publiques en dépit des doutes croissants sur la santé de l'économie et sur sa capacité à atteindre son objectif d'inflation. La banque centrale a revu à la baisse son évaluation du marché du logement et souligné la faiblesse persistante de la production industrielle, confortant ainsi les membres les plus pessimistes de son conseil de politique monétaire qui craignent que le rebond de l'économie soit modeste après une contraction spectaculaire au deuxième trimestre. Les dernières statistiques remettent d'ailleurs en question l'évaluation confiante de la banque centrale japonaise sur la reprise de l'économie, avec notamment une chute des dépenses des ménages en juillet et une croissance plutôt molle de la production industrielle. La BOJ, tout en maintenant politique monétaire inchangée comme prévu, a pourtant confirmé sa prévision d'une reprise modérée de l'économie grâce à une consommation soutenue par les hausses de salaires alimentée par l'amélioration du marché de l'emploi. Son gouverneur, Haruhiko Kuroda, s'est dit confiant sur une sortie progressive de 15 ans de déflation et sur la réalisation dans les temps de l'objectif d'une inflation de 2% en rythme annuel. "Les exportations et la production enregistrent de faibles mouvements", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse après la réunion de politique monétaire. "Mais les conditions s'améliorent constamment sur le front de l'emploi et des revenus et la confiance des ménages est ferme. Reflet de l'amélioration des profits, les entreprises maintiennent leurs projets d'investissement optimistes. Un cycle économique positif est toujours en place." Prié de dire si le Japon devrait mettre en oeuvre une deuxième hausse de la TVA pour en porter le taux à 10% après l'avoir augmenté à 8% en avril, Haruhiko Kuroda a répondu que cette décision revenait au gouvernement et au parlement. "Mais il est très important pour la situation budgétaire du Japon et pour son économie que des progrès réguliers soient réalisés pour rétablir une situation budgétaire saine", a-t-il ajouté. Reprenant son évaluation du mois précédent, la BoJ a dit que l'économie "continue de se reprendre à un rythme modéré". La consommation privée reste ferme, l'effet de la hausse de la TVA commençant à se dissiper, en dépit des difficultés que rencontre toujours le secteur du logement, a-t-elle souligné. Elle a estimé que l'investissement résidentiel était peut-être dans une situation moins bonne que ce qu'elle percevait jusque là et a prévenu que la production industrielle restait fragile. Les analystes et économistes du secteur privé ont une grille de lecture moins enthousiaste et s'interrogent de plus en plus sur les chances de voir l'économie rebondir suffisamment pour ramener l'inflation vers l'objectif des 2% contre 1,3% actuellement. "La BOJ dit qu'à l'heure actuelle, certains pans de l'économie vont moins bien que prévu, mais elle s'attend toujours à une accélération de l'économie", note Hiroshi Miyazaki, économiste senior chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities. "Il n'est pas exclu que la BOJ abaisse sa prévision de croissance pour l'exercice fiscal, mais tant qu'elle s'attend à une croissance solide pour l'exercice suivant, je ne pense pas qu'elle changera de posture." La banque centrale a maintenu sa politique instaurée en avril 2013 et qui se traduit par des rachats d'actifs de 60.000 à 70.000 milliards de yens par an (434-506 milliards d'euro. (Nicolas Delame et Marc Joanny pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • guerber3 le jeudi 4 sept 2014 à 11:38

    20 ans de discours stériles...mais rien ne peut arrêter les banksters...!