Japon-La BoJ prête à de nouvelles initiatives sur l'inflation

le
0

par Leika Kihara et Tetsushi Kajimoto TOKYO, 11 septembre (Reuters) - Le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda, a dit jeudi au Premier ministre Shinzo Abe qu'il était prêt à prendre toute initiative qui s'imposerait si l'objectif de remonter l'inflation à 2% en rythme annuel venait à être remis en cause. Un engagement qui intervient au surlendemain de l'achat par la BoJ de bons du Trésor à trois mois à un prix supérieur à leur valeur de remboursement, ce qui est revenu pour elle à payer de facto pour prêter, ont déclaré des traders. ( ID:nL5N0RB4K3 ) Kuroda a ajouté qu'il n'avait pas reçu d'instructions particulières d'Abe. Il n'empêche que des taux de rendement négatifs sont une expérience nouvelle pour une banque centrale qui a ouvert la voie à l'assouplissement quantitatif dans les années 2000 et qui rachète déjà l'équivalent de 70% de toute la dette publique émise. Des responsables de la banque centrale avaient reconnu l'an passé, dès le début de l'"assouplissement quantitatif et qualitatif" (QQE) du gouverneur Kuroda, qu'il faudrait à un moment ou à un autre prendre des mesures exceptionnelles pour pousser les établissements financiers à vendre leurs avoirs en emprunts d'Etat (JGB). Les analystes admettent que le QQE a affaibli le yen et stimulé la Bourse, ce qui a stimulé la confiance des entreprises et gonflé leurs bénéfices. Les ménages ont suivi, avant d'être coupés dans leur élan par la hausse de la TVA intervenue le 1er avril dernier. Mais le recours à la planche à billets n'a guère réussi à inciter les banques à investir dans des actifs plus risqués ou à prêter davantage à l'économie réelle. L'inflation mesurée par les prix de détail a dépassé 1% mais beaucoup d'économistes doutent qu'elle progresse beaucoup plus au-delà car la reprise économique est lente. En se fixant un objectif quantitatif de rachats d'actifs, la Boj s'est astreinte à acheter sur le marché pratiquement à n'importe quel prix si nécessaire. Au démarrage du QQE, il lui était relativement facile de racheter de la dette publique car les trois "mégabanques" débordaient de JGB, un actif dans lequel elles avaient placé leurs dépôts faute de les recycler en prêts au vu d'une demande de crédit atone. Mais ces établissements ayant réduit sensiblement leurs avoirs en JGB, il est de plus en plus difficile pour l'institut d'émission de les forcer à s'en dessaisir. A la banque centrale, on a bon espoir de pouvoir continuer à racheter de la dette publique par tombereaux en faisant aux banques des propositions qu'elles ne pourront pas refuser. En tous les cas, un retour en arrière n'apparaît pas envisageable. Si, comme c'est probable, de plus en plus de banques exigent plus que le pair, la BoJ risque d'avoir de plus en plus de mal à réaliser ses opérations de marché, exposant ainsi les limites d'un programme de relance qui a abouti à assécher le marché des JGB. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux