Japon-L'armée veut davantage de moyens face à Pyongyang et Pékin

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    TOKYO, 31 août (Reuters) - Le ministère japonais de la 
Défense a demandé mercredi que son budget soit porté à un niveau 
record, pour faire face à la menace croissante des tirs de 
missiles balistiques nord-coréens et à la montée en puissance de 
Pékin sur le plan militaire ainsi qu'aux revendications 
chinoises en mer de Chine méridionale. 
    Si ce budget est approuvé, la hausse de 2,3% demandée 
portera l'enveloppe de la défense à 5.700 milliards de yens 
(51,47 milliards de dollars) dans l'année budgétaire débutant le 
1er avril, et ce sera la cinquième année consécutive 
d'augmentation depuis que le Premier ministre, Shinzo Abe, a 
entrepris de doper ce poste budgétaire. 
    La doctrine militaire de Tokyo consiste actuellement à 
alléger le dispositif des "Forces d'autodéfense" dans le nord du 
Japon, la menace militaire russe s'atténuant, pour renforcer 
l'archipel des Ryukyu, chapelet d'îles nippones en mer de Chine 
orientale, parmi lesquelles les Senkaku, revendiquées par Pékin 
sous le nom de Diaoyu. 
    Cela implique moins de divisions blindées mais davantage 
d'unités amphibies, ce dont l'armée nippone ne disposait guère 
jusqu'à récemment. Ce coûteux repositionnement survient alors 
que Tokyo doit accroître ses dépenses pour se protéger des 
missiles balistiques que met au point et que teste une Corée du 
Nord à même d'atteindre la majeure partie des zones de 
l'archipel japonais. 
    Ainsi, la plus forte dépense budgétaire, de l'ordre de 99 
milliards de yens (970 millions de dollars) concerne la 
modernisation des batteries de missiles antimissiles Patriote. 
Leur portée s'en trouvera doublée, autour d'une trentaine de 
kilomètres, et leur précision en sera augmentée. 
    Cette modernisation prendra dans les cinq ans, et les quatre 
premiers Patriot nouvelle version devraient entrer en service à 
temps pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. 
    En juin, la Corée du Nord a procédé au tir expérimental de 
deux fusées mobiles Musudan, dont l'une est montée à 1.000 km, 
soit suffisamment pour parcourir plus de 3.000 km. 
    Le 24 août, Pyongyang a procédé à un essai de missile 
balistique tiré d'un sous-marin, qui a parcouru 500 km. 
    En ce qui concerne la mer de Chine orientale, le chef des 
Forces d'autodéfense japonaises, l'amiral Katsutoshi Kawano, 
déclarait en juin que l'activité militaire chinoise était "à 
l'escalade". 
         
 
 (Tim Kelly; Eric Faye pour le service français) 
 
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